‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 129 sur 172 · Knnl, Crit. de la liaison Pure, Préface de la 1" édil · texte numérisé non relu

Knnl, Crit. de la liaison Pure, Préface de la 1" édil

limites infranchissables de notre pouvoir de connaître; elle prend son point de départ et son fil conducteur dans l'expérience, et se borne à tenter de résoudre les contradictions impliquées dans les concepts que celle-ci lui fournit. C'est à ce titre même qu'elle doit nécessairement précéder toute tentative pour analyser noire faculté de connaître. En effet tous les concepts par lesquels nous pensons ce pouvoir de connaître sont des concepts métaphysiques : l'existence même d'une multiplicité de pouvoirs primitifs dans le sujet implique une contradiction ; l'action exercée sur la matière de la connaissance par l'activité de l'esprit nous conduit au trilemme'. Kant, et c'est par là que la Critique kantienne manque de critique (das Unkritische der Kantischen Kritik) *, a admis sans examen et employé sans réflexion ces concepts contradictoires. Plus témérairement et plus étourdiment encore il a fondé son œuvre tout entière sur une psychologie dont il n'a point songé à contrôler les conclusions et à vérifier les principes. Il a pris des mains de l'école de Wolflf cette funeste théorie des facultés qui rompt la continuité de la vie psychique ^ en substituant pour ainsi dire un polygone à une courbe. Bien plus il a exagéré encore la faute de ses prédécesseurs, en séparant plus complètement qu'ils ne l'avaient fait la sensibilité de l'entendement *, sans s'apercevoir qu'il rendait par là même impossible la connaissance dont il s'agissait d'établir la légitimité *; et son aveuglement sur ce point a été tel qu'il alla jusqu'à se flatter comme d'une importante découverte d'une erreur fondamentale qui devait fausser toutes ses recherches

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