Ibid
sentent ceci de comnnun que nul n'est obligé de s'occuper de l'objet dont elles traitent; nul n'est obligé de faire de la sculpture ou de la peinture par exemple et d'avoir affaire par conséquent au beau pictural ou sculptural : de là le caractère conditionnel de leurs préceptes (die bedingte Form der Vorschrifl). Il en est une au contraire dont les préceptes ont quelque chose de nécessaire et d'inconditionnel (deren Vorschriften den Charakter der nothwendigen Befolgung an sich tragen), parce que son objet nous est constamment représenté et n'est autre que nous-même. Cette science est la science de la vertu (die Tugendlehre), qui a son complément dans la science des devoirs (die Pflichtenlehre) et qui constitue avec elle ce que nous appellerions la Morale *.
Herbart insiste à chaque occasion et toujours avec la plus grande énergie sur la nécessité de séparer l'esthétique de la métaphysique, le domaine des idées pratiques de celui des concepts spéculatifs, la science de l'idéal de la science du réel. « Kant, déclare-t-il, n'aurait jamais dû avoir besoin de dire que l'on ne saurait apprendre à connaître ce qui doit être par ce qui est » (Kant diirfte nie nôthig haben zu sagen dass man das Sollen aus dem Seïn nicht lernen konne). — « Il l'a dit cependant, il a insisté sur ce point, et l'on a oublié ce qu'il avait dit et répété » (Er hat es gesagt, bat es eingescharft, und man hat es vergessen) *. La confusion de ce qui doit être avec ce qui est conduit cependant aux plus funestes conséquences. On est amené comme Spinoza à identifier le droit avec la force, à légitimer en quelque sorte les crimes les plus odieux en y voyant des manifestations particulières de l'action divine. « Quo-