Théorise de atlractione elerhentorum metaphysica
posera lui-même un espace dans lequel il ait lieu, et Herbart aura bien de la peine à concilier avec la réalité des séparations et des connexions, cette affirmation que l'espace et le mouvement n'existent que dans la pensée (Gedankendinge).
Outre ces différences relatives à la nature des êtres, il en est une autre, fort importante aussi, qui porte sur la manière même dont l'être est connu. D'après Leibniz, c'est dans la conscience que nous avons de nous-même que nous en trouvons la première idée. « Gomment saurions-nous ce que c'est qu'être... si nous n'étions nousmême un être? » L'être des autres monades, et l'être même de Dieu ne nous sont connus que par analogie avec notre être propre. C'est que pour Leibniz l'àme se connaît immédiatement elle-même dans sa réalité et dans l'unité de sa substance simple. Pour Herbart au contraire la connaissance que nous avons de nous-même ne nous fournit qu'une forme vide et contradictoire, qu'il est nécessaire de soumettre à la critique métaphysique pour la débarrasser des contradictions qu'elle implique et rendre possible une application du concept de l'absolue position. L'àme alors est conçue comme un être qui existe réellement, mais dont la nature est et demeurera à jamais inconnaissable, comme celle de tous les autres êtres.
Nous retrouvons donc ici l'influence Kantienne qui contribue à donner à la métaphysique de Herbart son caractère propre et à la distinguer de la Monadologie. L'être n'est pas connu par une intuition immédiate en nous-même ou hors de nous : il est conclu à l'occasion de l'expérience même qui nous presse (zwingt), comme la chose en soi chez Kant à l'occasion de la sensation; et comme chose en soi il demeure inconnaissable en lui-
même : on peut bien affirmer qu'il est, mais on ne saurait dire ce qu'il est. Bien plus on peut admettre, sur la foi d'un texte important de la Psychologie comme science^ qu'il n'est en définitive qu'un objet de croyance. « Nous pouvons, dit Herbart, admettre que les choses ne sont pas telles qu'elles nous apparaissent; mais que rien ne soit absolument, c'est ce que nous ne pouvons croire un seul instant. » « Wir kônnen einraumen dass die Dinge nicht so sind wie sie erscheinen; aber dass iïberhaupt nichts sei, konnen wir nicht einen Augenblick glauben. » Et pour qu'on ne suppose pas que le mot lui soit involontairement échappé, il a soin d'ajouter : « je dis croire et l'expression me suffit ». — « Ich sage : glauben, und bin wohl damit zufrieden '. » Sa doctrine prend ainsi, conformément à celle de Kant, un caraclère idéaliste, sur lequel nous aurons à revenir plus tard. La théorie de l'espace que nous allons maintenant examiner nous fournira de nouvelles manifestations de cet Idéalisme latent sous le Réalisme de Herbart.
!. Psych. ats Wiss., $ 149, S. W., t. VI, p. 343.