‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 140 sur 172 · Kant, Krit. der R. V. Anm., Trad. Tissot, I, p · texte numérisé non relu

Kant, Krit. der R. V. Anm., Trad. Tissot, I, p

rences, de vaines illusions, naais des phénomènes bien fondés. Autant et plus que la doctrine de Kant, la doctrine de Leibniz sauvegarde donc les droits de la science : en effet, comme le fait justement remarquer Herbart, la distinction radicale de la sensibilité et de l'entendement sur laquelle Kant croit devoir fonder la légitimité de la science, aurait plutôt pour résultat de la rendre impossible, en établissant une solution de continuité entre les pouvoirs de l'esprit qui doivent concourir à la production de la connaissance.

Herbart constate avec raison l'analogie qui existe entre la théorie de Kant et celle de Leibniz sur l'espace et le temps; mais il exagère cette analogie et ne tient pas assez de compte des différences qui viennent d'être signalées lorsqu'il déclare qu'au point de vue psychologique les deux doctrines coïncident exactement. « Der psychologische Raum ist nach Kant und nach Leibniz ganz dasselbe *. » Lui-même reconnaît que les travaux de Kant ont favorisé et rendu possibles ses propres recherches'; mais s'il reste d'accord avec lui comme avec Leibniz pour affirmer l'idéalité de l'espace et du temps, il se sépare nettement de l'un et de l'autre en refusant à ces deux notions tout caractère a priori, et en cherchant à en déterminer la genèse empirique. Il n'est pas certain qu'il ait pleinement réussi dans sa tentative d'explication dont nous avons montré précédemment les points défectueux. Cette entreprise n'en est pas moins d'un très haut intérêt historique : elle est en effet le premier essai en ce genre, le point de départ des théories empiristes qui ont été ultérieurement proposées par Lotze, Wundt, Ilclmholtz en Allemagne, par A. Bain et Herbert Spencer en Angleterre; et elle a

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