Einlcil., S 157, p
2. Hftle an katU's Geburtatnye f/rhalten (Klein. Sch., I, p. 295).
l'espace et le temps. 263
même sur la plupart d'entre elles une réelle supériorité, surtout en ce qu'elle demeure entièrement sur le terrain psychologique. Toutefois elle ne serait pas par ellemême absolument incompatible avec l'idéalisme kantien, puisque l'on pourrait admettre à la rigueur, même dans l'hypothèse d'un espace donné a priori, la nécessité d'expliquer comment la notion de cet espace se forme dans la conscience empirique, si d'une part Herbart ne combattait pas directement l'hypothèse de l'espace forme a priori de la sensibilité, et si d'autre part, outre l'espace sensible ainsi engendré, il n'admettait un espace intelligible.
Dans une remarque de la seconde édition de Ylntroduction à la philosophie, il présente une critique sommaire des arguments proposés par l'auteur de la Critique, dans son exposition métaphysique du concept d'espace. 1° L'espace, dit Kant, ne saurait être considéré comme un concept empirique, car pour que je puisse me représenter les choses comme extérieures à moi-même ou comme en dehors les unes des autres, la représentation de l'espace doit être préalablement donnée. C'est là une pétition de principe, réplique Herbart, sans s'expliquer davantage. Il veut dire sans doute que le caractère propre de l'espace consistant dans l'extériorité respective de ses éléments, il ne saurait être donné indépendamment de représentations élémentaires extérieures les unes aux autres. Mais la manière dont il engendre luimême l'extériorité, et par l'extériorité l'espace, est pour lui la meilleure réfutation de l'argument de son adversaire. 2° Le concept d'espace, dit Kant, ne saurait être d'origine empirique, car il est nécessaire, nous ne saurions en supprimer par la pensée la représentation, alors même que nous supprimerions la représentation de tous les objets qui s'y trouvent contenus. Or l'expérience
ne saurait nous donner le nécessaire. Herbart aurait peut-être pu répondre qu'en fait nous ne saurions faire abstraction de toute représentation déterminée et nous représenter l'espace vide. Il se contente de faire remarquer que le raisonnement de Kant constitue un syllogisme à quatre termes : le terme « nécessaire » y est pris en deux sens différents. Sans doute en prenant le mot « nécessaire » au sens absolu, l'expérience ne peut nous apprendre que le réel est nécessaire, mais en nous donnant le réel, elle nous nécessite (nôthigt) à le concevoir encore comme possible, alors même que nous en supprimons par la pensée la réalité. C'est en ce sens, et en ce sens seulement, que l'espace est nécessaire, car il n'est autre chose que cette possibilité qui subsiste nécessairement lorsqu'on cherche à supprimer par la pensée tous les corps *. Si le concept d'espace est un produit nécessaire du mécanisme psychique, indépendant de la nature même des sensations qui contribuent à lui donner naissance, on ne voit point comment, une fois formé, il ne nous apparaîtrait pas avec le caractère de nécessité. 3' Enfin ce troisième et ce quatrième argument de Kant, d'après lesquels l'espace nous serait donné en fait comme un tout infini, dont les diverses étendues finies ne seraient que des limitations et comme des découpures, sont, déclare Herbart, contredits par l'expérience même (factisch fais). Personne, pas môme le géomètre, ne pense véritablement l'espace infini (dont il n'a d'ailleurs nul besoin), mais seulement la règle suivant laquelle il est possible d'étendre aussi loin que l'on veut l'espace fini V
1. Diose iiolliweiidiKo M<")Kliclik<'it, wciclio nlirig Ijlcibt, wenn die Korperwiill liin\V('nt;dn('lil, wird, isl dcr Ruum {binlinl. Atnn. zii, ,S 128, de la 2» 6d.). — Cf. /'.v/yc/j. als i\iss., ^ 144.
2. Niemnnd, scibst niclit einnial der Geomelcr, dciiUl sich virklicli den iiiiciidliclicn Uatim, sondern niir die Regel, jeden cndlicheii llaiiin bcliebig zu erweilern (Ibid.),
l'espace et le temps. 265
En vérité chacun se représente à chaque instant l'espace aussi grand qu'il en est actuellement besoin. « Jedermann macht sich den Raum jedesmal so gross als es ihn eben braucht '. » Ajoutons qu'il est absolument impossible de concevoir comment l'espace un et infini avec ses trois dimensions nous serait originellement donné antérieurement à toute .représentation concrète et déterminée. D'ailleurs, comme le remarque encore justement Herbart dans un autre passage, on verrait alors reparaître la plupart des difficultés que la doctrine de l'idéalité transcendantale de l'espace a justement pour but d'écarter. Que l'espace soit conçu comme inlérieur, ou comme extérieur à la conscience, s'il est primitivement donné tout entier, son infinitude n'en est pas moins absurde et contradictoire. Aussi certains commentateurs, confirmant ainsi la justesse de la critique de Heibart, entendent-ils que les formes de l'espace et du temps ne sont point données achevées, en acte dans l'esprit, mais que le sujet possède la faculté de constituer ces formes à l'aide d'une action qui lui est propre. On s'appuie pour justifier cette interprétation sur un texte de la dissertation inaugurale dans laquelle on peut lire au corollaire du § 15 : « Oboritur quaîstio utrum conceptus uterque (tempus et spatium) sit connatus an acquisitus «. La première solution doit être rejetée tout d'abord « quia viam sternit philosophia^ pigrorum. — Verum conceptus uterque procul dubio acquisitus (non a sensu quidem objectorum abstractus; sensatio enim materiam dat, non formam cognitionis humanse), ab ipsa mentis aclione secundum leges suas sensa sua coordinante. » Les sensations sollicitent cet acte de l'esprit; la seule chose