‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 144 sur 172 · Lehrbuch zur Einleitung, § 157, p · texte numérisé non relu

Lehrbuch zur Einleitung, § 157, p

kending); il n'exprime que la possibilité pour celle-ci d'embrasser la pluralité des êtres simples (die Moglichkeit der Zusemmenfassung) \ Toute la réalité est concentrée dans les êtres simples et dans leurs actes de conservation individuelle : le reste n'est que phénomènes et rapports, et les rapports spatiaux n'ont pas plus de droits à l'existence réelle que toute autre espèce de rapports. Ils n'existent en définitive que dans la pensée qui cherche à embrasser une multiplicité d'êtres simples, et ne sont pas plus dans les êtres simples eux mêmes ou en dehors d'eux, que les rapports entre le grec et l'arabe par exemple n'existent dans l'une ou l'autre de ces deux langues, ou en dehors d'elles, indépendemment de l'esprit qui les connaît l'une et l'autre. Cependant les rapports entre le grec et l'arabe ont leur fondement dans l'une et l'autre langue; de même les rapports spatiaux ont leur fondement dans les êtres simples, dans leurs connexions et leurs séparations successives, et c'est là ce qui leur donne leur caractère d'objectivité ; c'est là ce qui fait qu'ils sont valables pour toute intelligence, même pour une intelligence qui aurait l'intuition des êtres réels. Avec quelque réflexion, les textes les plus nettement réalistes de la métaphysique sont susceptibles d'être interprétés dans le sens qui vient d'être indiqué; et l'on ne voit pas en définitive qu'il soit impossible de s'en tenir au point de vue de Herbart et de concilier l'idéalité de l'espace avec la réalité des êtres simples et l'objectivité des rapports spatiaux.

En résumé, dans sa théorie du temps et de l'espace, Herbart procède à la fois de Leibniz et de Kant, tout en se distinguant do l'un et de l'autre. Il s'accorde avec eux

1, Voir liv. I, diap. v, S 2 cl 5.

l'espace et le temps. 273

au point de vue métaphysique en ce qu'il affirme avec une égale énergie l'idéalité de l'espace et du temps; il s'en sépare au point de vue psychologique en ce que, pour lui, les parties préexistent au tout dans la connaissance, pendant qu'au contraire pour ses prédécesseurs l'intuition ou la perception confuse du tout préexiste à l'intuition ou à la perception claire des parties. Il se rapproche plus particulièrement de Kant, en ce qu'il considère l'espitce et le temps comme des formes universelles et un apport de l'esprit dans la connaissance, mais il s'en éloigne en ce que pour lui ces formes sont a posteriori et non plus absolument a priori. Il s'accorde plus particulièrement avec Leibniz en ce qu'il voit dans les rapports sensibles de temps et d'espace l'expression de rapports intelligibles; mais il s'en distingue en ce qu'il identifie finalement les rapports sensibles avec les rapports intelligibles alors que celui-ci ne voit dans les premiers qu'une traduction plus ou moins confuse des derniers.

Page 1