‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 157 sur 172 · Psych. als Wm., % 20, S. W., t. V, p · texte numérisé non relu

Psych. als Wm., % 20, S. W., t. V, p

Le sujet transcendantal est donc à cet égard, chez l'auteur de la Critique l'analogue de ce qu'est Tàme chez l'auteur de la Métaphysique. Et la ressemblance ne se borne pas là : de même que le sujet transcendantal ne saurait être connu, de même l'âme aussi est inconnaissable dans j.a qualité simple qui constitue son essence. De même que l'âme n'est point en soi une intelligence, mais ne devient telle qu'accidentellement et dans des circonstances déterminées (unter Umstânden) ; de même « l'objet transcendantal qui est le fondement de l'intuition interne, n'est pas un être pensant en soi, mais le principe à nous inconnu des phénomènes qui nous fournissent le concept empirique de la pensée » (das transcendentale Object, welches der inneren Anschauung zum Grunde liegt, ist nicht ein denkend Wesen an sich selbst, sondern ein uns unbekannter Grund der Erscheinungen die den empirischen Begriff des Denkens an die Hand geben) *. Il y a cependant cette différence que Kant laisse le sujet transcendantal absolument indéterminé, jusqu'à ce que la Critique de la Raison pratique conduise à voir en lui la liberté, alors que Herbart, qui d'ailleurs nie la liberté transcendantale, détermine spéculativement, au moins dans une certaine mesure, le concept de l'âme en lui appliquant le principe de l'absolue position, en lui attribuant l'unité, l'identité, la substantialité.

En résumé, si nous négligeons les différences de détail, qui ne sont pas d'ailleurs sans importance, nous trouvons que le Moi individuel de Herbart correspond assez exactement au Moi empirique de Kant, le Moi sujetobjet au Moi pur, l'âme au sujet transcendantal. Sur ce point la métaphysique réaliste de Herbart se rapproche

i. Kanl, Kritik der Reiner Vernunft, S. W., III, p. 604.

peut-être plus de la Critique que l'Idéalisme de Fichte qui en identifiant le sujet transcendantal avec le Moi pur, et en substituant à l'apperception pure, simple pensée, l'intuition intellectuelle, enlève à la doctrine son caractère distinctif de relativisme, et la transforme en un dogmatisme aussi téméraire et aussi absolu que celui que Kant avait surtout à cœur de renverser.

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