‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 160 sur 172 · EJnleiL, g loo, rem. de la 2" édit., p · texte numérisé non relu

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concept quel qu'il soit. Gomme Kant encore, il rejette aussi l'argument cosmologique sous toutes ses formes, puisque dans sa doctrine les êtres réels existent par eux-mêmes, et que le mouvement dont ils sont animés est un mouvement primitif, originel, qui ne requiert aucune cause. Comme Kant il refuse à la raison humaine toute intuition de l'absolu; et c'est à la morale qu'il demande l'unique moyen de déterminer dans une certaine mesure le concept de la divinité, en dehors de la connaissance très imparfaite qui nous en est fournie par la preuve physico-théologique. Gomme Kant enfin il considère Dieu bien plutôt comme le prince que comme le législateur de l'ordre moral. Il conçoit comme réalisés en lui les idéaux moraux que le jugement pratique dégage progressivement, la liberté interne, la perfection, l'amour, la justice, en un mot la sainteté; mais pour Kant aussi, Dieu n'est-il pas le Saint? Il voit en Dieu le créateur de la nature et des substances, mais non pas des êtres eux-mêmes ; n'est-ce pas là également la pensée de Kant? La théorie du mal radical (das Radicalbôse) dans la Critique ne peut guère se comprendre qu'autant que les individus ne dépendent pas de Dieu dans leur nature primitive, originelle, et que la puissance divine ne se manifeste que dans une organisation du monde des phénomènes qui permette l'avènement du souverain bien, l'harmonie finale de la vertu et du bonheur. Il est à remarquer cependant que cette conception d'un ordre naturel qui tendrait à établir progressivement l'accord entre la moralité et la nécessité n'est pas aussi formellement exprimé chez Herbart que chez Kant ou Leibniz : Herbart en effet n'est pas surtout un théologien comme Leibniz, ou un moraliste comme Kant, mais un pur métaphysicien.

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