lOid., S
celui-là trouvera en eux celte douce suggestion dont Platon parle si souvent, au lieu de cette contrainte impérieuse, à laquelle on s'est tant habitué depuis l'impératif catégorique de Kant » (Weraber dieselben (Idéale) aufzufassen und gleichmâssig wach zu erhalten sich bemijht, der wird in ihnen dièse sanf^e Fiihrung, von der Plato so oft redet, freilich aber nicht gewaltsame Nôthigung an die man sich seit Kant's kategorischem Imperativ so gewohnt hat '). En effet, exagérant le principe de la bonne volonté et du bien conçu dans la soumission absolue à la loi morale, Kant avait été conduit à opposer le devoir à l'inclination, et à faire consister la vertu dans la lutte. Schiller protestait déjà contre ce rigorisme excessif, et se demandait ce que deviennent dans une telle doctrine les vertus les plus aimables, comme l'amour et l'amitié. Il voulait à côté du sublime moral (das Sittlicherhabene) réserver une place pour le Beau moral (das Sittlichschone) qui ne consiste plus dans l'effort, mais dans la sérénité d'une belle âme qui aime et fait naturellement le bien. Il recommandait en conséquence une culture esthétique de l'homme, mais seulement, il est vrai, comme une préparation (Vorstufe) à la culture morale. Ces considérations trouvent naturellement leur place dans la doctrine de Herbart pour laquelle le Bien n'est qu'une forme particulière du Beau. Il proclame le caractère esthétique et la beauté (die Schonheit) de la vertu, que Kant lui-même d'ailleurs aurait été assez porté à reconnaître, s'il n'avait craint de compromettre la dignité sévère du devoir en le rapprochant trop du beau et de l'attrait esthétique. Il déclare la morale kantienne pure et forte, mais trop étroite (einseitig) ; tout