‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 166 sur 172 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

bunJen mil der Voraussetzung der Erfullung'). Or le désir lui-même est lié aux représentations; il est une manière d'être des représentations (ein Zustand der Vorstellungen) et est par conséquent absolument déterminé. Toutefois le désir et surtout ce désir réfléchi et délibéré qu'est la volonté ne dépend pas toujours et exclusivement de la nature pnrticulière du représenté, mais encore et surtout de la niasse des représentations antérieures qui constituent ce que l'on appelle le caractère (es keineswegs immer von der Beschafl'enheit des Vorgestelllen, sondern weit mehr von der Construction der Vorstellungsmassen abhangt *). De la sorte la vie de l'individu est vraiment une, et l'on pourrait dire, au moins jusqu'à un certain point, avec Leibniz, que « le présent est chargé du passé et gros de l'avenir ». Mais la masse des représentations antérieures agit souvent à notre insu : aussi arrive-t-il fréquemment que l'homme veut en quelque sorte malgré lui, qu'il scinde sa propre personnalité, d'où l'illusion de la liberté; qu'il se commande, s'obéit ou se désobéit à lui-même, d'où l'illusion nouvelle de l'impératif catégorique. Pour qu'il arrive à se déterminer d'après des motifs, il faut déjà que la masse profonde des représentations ait acquis une certaine solidité : c'est, dit Herbarl, « un signe de santé intellectuelle » (Rin Zciclien der geistigcn Gesundheit); mais se déterminer d'après les meilleurs motifs, c'est la condition même de la moralité (Bedingung der Sittlichkeit). C'est qu'alors la masse des représentations a atteint un parfait état d'équilibre : l'universel s'est dégagé des déterminations particulières et accidentelles; les idéaux moraux apparaisFent dans leur absolue pureté et déterminent la volonté. C'est justement dans la con-

i. Lr/trhuch zur Psycholo(/ic, S 107.

2 Ihid., S 129, Anm. 2, p. 203.

formilé de la volonté avec les idéaux moraux que consiste la liberté interne, ou liberté de perfection. Mais les plus nobles déterminations seraient sans aucune valeur, si l'homme pouvait dire : je veux le bien, non parce qu'il est le bien, mais parce qu'il me plaît ainsi (die edelsten EnlFchliessungen wiirden werthlos sein , wenn der Mensch sagen konnle : ich will das Gute, aber richt weil es gut ist, sondern weil es mir eben so beliebt) •.

Celle théorie de la liberté n'est pas sans analogie avec celle de Leibniz : elle en diffère cependant en ce que la conduite de l'homme n'est pas tout entière prédéterminée dans la qualité de l'être simple, comme elle l'est dans l'essence de la monade. Bien qu'il faille tenir compte dans une certaine mesure de cette qualité essentielle de l'être simple qui doit influer plus ou moins sur la nature particulière des représentations, comme aussi de la con-' slitulion propre de l'organisme, toutefois le rôle prépondérant dans la formation du caractère revient aux circonstances extérieures, au milieu, à l'éducation. C'est grâce à l'éducation que l'homme à tiavers les âges est susceptible d'arriver à un degré sans cesse plus élevé de culture morale comme de culture intellectuelle : c'est en effet grâce à l'expérience constante de l'humanité, dont les résultais se transmettent par le langage de génération en génération, que les idéaux pratiques sont de plus en plus nettement dégagés etque l'harmonie entre la volonté et ces idéaux peut arriver progressivement à s'établir. La doctrine de Herbart, pas plus que celle de Kant ou celle de Leibniz, n'offre peut être pas de garantie suffisante pour la responsabilité; mais comme celle de Locke, elle présente cet avantage d'être éminemment favorable

1. Lehrhitch zur Einleititnf) in die Philosophie, ^ 129, Anm. 2, p. 205.

au principe de l'amélioration individuelle ou collective et ce qu'on peut lui reprocher, c'est peut-être justement d'avoir exagéré le rôle et la puissance de l'éducation, et de n'avoir pas tenu compte, au moins dans une mesure suffisante, des dispositions naturelles ou héréditaires de l'individu.

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