‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 21 sur 172 · Fichte, Die Bestimmung des Menschen · texte numérisé non relu

Fichte, Die Bestimmung des Menschen

fonde toute sa réfutation de l'Idéalisme. Bornons-nous pour le moment aux considérations suivantes. D'une part l'objet est par nature distinct du sujet; mais d'autre part il doit ici lui être identique et c'est justement en cela que consiste le caractère contradictoire du Moi sujetobjet. Ne considérons que le premier terme de la contradiction, l'objet. L'objet de la conscience c'est en général une représentation; mais une représentation c'est le Moi se représentant quelque chose, de telle sorte que dans l'objet nous découvrons deux éléments, un élément identique au sujet et un élément non identique au sujet. La contradiction fondamentale de A (le Moi sujet-objet) se trouve ainsi reportée sur M (l'objet), qui comprend deux termes, l'un identique à N (le sujet) et l'autre non identique à N. Cette contradiction nouvelle est à vrai dire insoluble tant qu'on considère l'objet comme une représentation simple et déterminée; mais l'expérience nous montre la multiplicité simultanée et successive des représentations. L'objet peut donc être considéré comme une pluralité de représentations qui est identique au sujet. En d'autres termes, il faudra décomposer l'M primitif en une multiplicité de M, et c'est l'ensemble des M qui sera identique à N. A quelle condition cependant? A la seule condition que les diverses représentations en tant qu'objets se détruisent les unes les autres, de telle façon qu'il ne reste plus dans l'objet que ce qui est identique au sujet. « Esmiissen alsodie mannigfaltigen Vorstellungen sich einander aufheben, wenn die Ichheit moglich sein «oll *. » C'est-à-dire que l'ensemble des M sera identique à N, en vertu de l'action mutuelle que les M exerceront les unes sur les autres.

^. Paychologit ait Wistenachafl^ % 29, I, p. 280.

Nous voyons maintenant comment Herbart est arrivé à concevoir sa métliode générale des rapports. N'a-t-il pas pu cependant en trouver l'idée première dans Ficlite lui-même? On pourrait peut-être le soutenir. Comment en effet la doctrine de la science résout-elle la première contradiction qu'elle rencontre devant elle, l'opposition du Moi et du Non-Moi dans le Moi? Par la divisibilité du Moi et du Non-Moi : « das Ich setzt im Ich dem theilbaren Ich ein theilbares Nicht-Ich entgegen ' » ; c'està-dire que pour résoudre la contradiction qu'implique l'opposition du Moi et du Non-Moi dans le Moi, Fichte pose le principe de la déterminabilité quantitative (Quantitâtsfâhigkeit) de l'un et de l'autre. Il est assurément impossible de méconnaître l'analogie de ce procédé avec celui qui est suivi par Herbart, résolvant la contradiction de l'identité du sujet et de l'objet par la décomposition de ce dernier en une multiplicité dont les divers termes se détruisent mutuellement (sich einander aufheben).

L'exposition de la méthode des rapports constitue la partie essentielle de la méthodologie, puisque cette méthode permet, par l'achèvement (Erganzung) et la rectification des concepts contradictoires fournis par l'expérience, d'arriver au réel, dans la mesure où ce réel est susceptible d'être déterminé. Mais en supposant obtenue cette détermination du réel, tout ne se trouve pas par là même fini : il faudra montrer ensuite comment on peut en partant du réel revenir au donné. Or il ne faudrait pas croire que les apparences sensibles soient une manifestation immédiate du réel, de telle sorte qu'il n'y eût qu'à appliquer à celui-ci le principe de causalité. Une telle explication n'offre rien d'intelligible et repose d'ail-

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