Ibid., S
l'ancienne nnétaphysique, comme l'appelle Herbart, voyait dans l'être une sorte de moyen terme entre le possible et le nécessaire; pour elle l'être est un complementum possibUitatis. Le possible est ce qui n'implique pas contradiction; le nécessaire est ce dont le contraire implique contradiction. Pour que le possible devienne réel, passe à l'être, il faut que certaines déterminations positives viennent s'y ajouter, et parmi ces déterminations l'existence elle-même, conçue dès lors comme un prédicat. Le possible attend donc son complément : il est, dit Herbart, comme une maison qui attend son habitant. — « Das Mogiiche ist also das Haus; die exislenz ist der hineingesetzte Einwohner *. » Si bien que par là le possible est conçu comme ayant déjà un certain mode d'existence, une certaine réalité.
Au fond celte doctrine de Baumgarten est celle de Leibniz lui-même présentée sous une forme purement logique et non plus métaphysique : Leibniz en effet attribue aux possibles une certaine réalité; il les fait exister en quelque sorte sinon en eux-mêmes, du moins dans l'entendement de Dieu. C'est par un acte de la volonté divine, qui lui-même a sa raison dans la nature même des possibles, que ceux-ci passent à l'existence; et dès lors l'existence peut être en effet considérée comme quelque chose qui vient s'ajouter à la possibilité, comme un complementum possibUitatis. Ce complementum possibUitatis peut ou non venir s'ajouter aux possibles contingents; mais il e>t inséparable du concept de la Perfection : l'être parfait est nécessaire, c'est-à-dire qu'il est par cela même qu'il est possible. La preuve ontologique n'est donc que la conséquence immédiate de cette façon d'envisager les rapports du possible et de l'être.