Allgemeine Metaphysik, S
être pourrait renfermer par exemple trois de ces unités de force, ce qui entraînerait une triple application du concept de l'absolue position. L'argument ne laisse pas d'étonner. Il faut cependant bien comprendre la pensée de Herbart : si la qualité ne comporte pas de degrés, c'est en tant qu'on considère l'être en lui-même : la considération de degré pourra au contraire intervenir lorsque l'on envisagera les êtres les uns par rapport aux autres; seulement le degré ne sera alors que dans la pensée et n'apparaîtra que comme résultat d'un point de vue accidentel.
Enfin l'unité absolue qu'il convient d'attribuer à l'être n'empêche pas d'admettre la pluralité des êtres, car la multiplicité de l'être n'est point la multiplicité dans l'être (Vielheit im Seienden ist nicht Vielheit des Seienden *). La possibilité d'une pluralité d'êtres ressort clairement de ce que le concept de l'absolue position étant un concept général, rien n'empêche de l'appliquer aussi souvent que la nécessité s'en fera sentir. On pourrait objecter que si l'on admet une multiplicité d'êtres, chacun d'eux ne sera pas ce que sont les autres, ce qui implique des négations; mais l'objection est sans valeur, car les négations ne sont ici que dans la pensée et n'atteignent en rien les êtres eux-mêmes.
En résumé il existe ou peut exister une pluralité d'êtres dont le nombre demeure jusqu'ici indéterminé. (On verra plus tard cependant que ce nombre ne saurait être infini.) Chacun de ces êtres est absolument simple et sans parties : son essence consiste dans une qualité également simple, absolument positive, sans mélange de négations d'aucune espèce, sans degré et par con-