‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 35 sur 172 · Allgcwcinc Melaphysik, S · texte numérisé non relu

Allgcwcinc Melaphysik, S

la pensée et par la pensée, on peut d'ores et déjà prévoir que le réalisme de notre philosophe, impliqué dans l'affirmation d'une multiplicité d'êtres simples, existant par eux-mêmes et indépendamment de tout sujet qui les pense, sera fortement empreint de l'esprit idéaliste.

Le problème de l'inhérence. Détermination des concepts de substance et de cause.

Dans ce qui précède nous nous sommes bornés à une détermination a priori du concept de l'être, et des caractères de la qualité qui constitue son essence, en tant qu'ils résultent du principe même de l'absolue position, sans demander au donné autre chose qu'une invite multiple et répétée à appliquer ce principe. Or si maintenant nous rentrons dans le champ de l'expérience qui doit fournir à la métaphysique sa matière en même temps qu'une base inébranlable, nous ne retrouvons nulle part ces êtres simples, sans relations et sans négations, sans parties et sans degrés, auxquels nous a conduits le concept de l'absolue position. Ce que l'expérience nous fournit, ce sont des couleurs et des sons, des saveurs et des odeurs, qui ne peuvent être isolés les uns des autres, mais qui se présentent toujours sous la forme de touts complexes que nous appelons des choses (Dinge) : c'est à ces choses, à l'exclusion des qualités sensibles qui ne peuvent être conçues d'une manière indépendante, que nous attribuons l'existence.

Qu'est-ce à dire? Prenons tel aggrégat de couleur, de saveur, d'odeur, etc. : dirons-nous que ce qui existe, c'est cet aggrégat lui-même? Gela est impossible, car la cou-

leur, la saveur, Fodeur, n'existent point en soi, mais seulement dans le sujet qui les perçoit, et par conséquent leur aggrégat ne saurait non plus exister en soi. Dironsnous que ce qui existe, c'est une chose ayant pour propriétés (Merkmale) cette couleur, cette saveur, cette odeur? Peut-être; mais alors il faut reconnaître que ce qui existe, ce n'est point ce qui nous est donné, car ce qui nous est donné ce sont seulement les sensations de couleur, saveur, etc., mais quelque chose de différent de tout cela, quelque chose d'inconnu et d'inconnaissable : c'est justement ce que les métaphysiciens appellent substance. La substance est l'unité que l'on pose comme existant en soi, pour servir de lien et de support aux qualités essentielles ou accidentelles, attributs ou modes, suivant la distinction consacrée, mais dont Herbart montrera bientôt l'inanité. On peut donc dire que la substance représente pour la pensée, qui a besoin de poser quelque chose, les qualités auxquelles le concept de l'absolue position ne saurait convenir. Mais il est clair qu'ici, si les commettants ont besoin d'être représentés, le représentant n'est rien sans ses commettants (das Repràsentant gilt nichts ohne seine Committenten •) . En d'autres termes, la substance ne peut pas plus être séparée de ses qualités, que les qualités ne peuvent être conçues indépendamment de leur substance.

La Substance serait donc l'être véritable auquel semblerait conduire la considération de ce qui est donné dans l'expérience. Mais on ne saurait s'en tenir à cette conception, car la qualité de l'être doit être absolument simple et nous sommes en présence d'un être qui nous apparaît comme doué de propriétés multiples. Ce serait

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