‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 40 sur 172 · Ibiil · texte numérisé non relu

Ibiil

des autres constitue la cause de la propriété inhérente '.

Dès lors aussi, c'est à tort que Ton chercherait à faire intervenir ici des considérations de temps. La substance n'est point antérieure à ses accidents, suivant l'ancienne formule : substanlia prior est natura suis affectionibus, puisqu'il n'y a substance qu'autant qu'il y a inhérence. De même la cause n'est point, suivant la conception commune, antérieure à l'effet, puisque les êtres simples ne sont point eux-mêmes des causes et ne deviennent tels que dans leur rapport avec la substance. Sans doute, nous sommes obligés de supposer la cause aussi bien que la substance pour expliquer l'inhérence de telle ou telle propriété, et nous sommes dès lors obligés de faire intervenir le temps; mais l'antériorité est ici dans la pensée et non point dans les choses ^

Il résulte enfin de la manière même dont ont été déterminés les rapports de la substance et de la cause que les concepts d'action (Thun) et de passion (Leiden) n'ont rien à voir ici. On ne peut dire à proprement parler que la cause agisse et que la substance pâtisse. Car dans l'une quelconque des séries A' -+- A' -h A'; . . . A"-h A"-+- A", . . . etc., le premier terme qui représente la substance, ne difi"ère en rien des autres termes qui représentent les causes. La différence n'apparaît que lorsque l'on considère que dans toutes les séries le premier terme demeure le même pendant que les autres changent. Or une telle différence est manifestement insuffisante pour justifier l'application des concepts d'action et de passion. On peut dire sans doute que l'accident a est l'effet (Wirkung) de la cause A' + A';... que l'accident b est l'effet de la cause A" -+- A" ; . . . mais cette dénomination n'implique en rien l'activité de la cause

Page 1