Ibid., S
immédiatement le concept de l'absolue position et qui conduisent la métaphysique à poser en leurs lieu et place une multiplicité d'êtres simples en connexion (zusammen) avec l'un d'entre eux qui constitue à proprement parler la substance, ne demeurent pas identiques, mais subissent au contraire d'incessantes modifications dans leurs divers caractères. Ce perpétuel changement des choses a été de tout temps pour les^ penseurs un sujet de profond étonnement, et rien n'a plus contribué que le spectacle de l'universelle transformation à mettre en mouvement la pensée philosophique. De là de multiples tentatives d'explication que l'on peut facilement ramener à trois théories essentielles en dehors desquelles aucune autre n'est possible. En effet, ou bien l'on admet que le changement est un fait qui se suffit à lui-même, et l'on a alors la théorie de l'absolu devenir (das absolute Werden); ou bien l'on reconnaît que le changement doit avoir une cause, et alors cette cause sera nécessairement ou externe ou interne : dans le premier cas on a le mécanisme au sens le plus général du mot; dans le second on a la doctrine de la détermination spontanée (die Selbstbestimmung), telle que les théories de la cause immanente chez Spinoza, du principe interne des changements chez Leibniz, de la Liberté transcendantale chez Kant et ses successeurs en fournissent des exemples '. Nous sommes donc en présence d'un trilemme et il est facile de montrer que les trois termes de ce trilemme sont également absurdes et contradictoires.
l"" Considérons d'abord la théorie qui croit pouvoir expliquer le changement par des causes extérieures : c'est la théorie des causes transitives (causa transiens).