‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 44 sur 172 · liauplpuncle der Metaphysik, ^ i · texte numérisé non relu

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mun. Mais, après comme avant, la substantialité est inséparable de la causalité; après comme avant, on peut affirmer qu'il n'y a point de substance sans cause, La substantialité n'est point une propriété essentielle des êtres, puisqu'il n'y a substance qu'autant que certains êtres sont en connexion avec l'un d'entre eux. La substance n'est donc toujours qu'un concept (ein Gedankending); mais ce n'est point une sorte de mécanisme inné (ein angeborner Mekanismus), une forme imposée violemment par l'esprit à la matière de l'expérience : ce sont au contraire les choses qui l'imposent à l'esprit par les connexions diverses dont elles sont susceptibles. Quant au concept de causalité, il n'a subi du fait de la précédente étude aucune modification : après comme avant, la causalité nous apparaît comme indépendante de toute détermination de temps. Sans doute on fait intervenir l'idée du temps quand on dit qu'une chose s'est modifiée, qu'elle est devenue autre qu'elle n'était auparavant; mais cette considération se rapporte exclusivement à la forme de l'expérience et ne porte aucunement sur le rapport même de la cause et de la substance. La cause telle qu'on doit l'entendre n'est donc ni cause transitive, ni cause immanente, ni volonté libre; elle n'est pas non plus, comme le veut Kant, une règle du temps imposée par l'esprit aux phénomènes, car bien qu'elle ne soit pas essentielle aux êtres eux-mêmes, bien qu'elle ne soit qu'un concept (ein Gedankending), comme la substance, elle a son fondement dans les rapports vrais des êtres entre eux. Comme le concept de substance, le concept de cause découle nécessairement des données mêmes de l'expérience, rectifiées et complétées par le travail métaphysique. L'expérience en effet n'est point trompeuse, mais seulement par elle-même incomplète et

obscure : il ne faut pas la rejeter, mais la serrer de près au contraire, interpréter les indications qu'elle fournit et faire servir au progrès de la science les contradictions mêmes qu'elle présente comme autant d'obstacles à son avancement. Ainsi se trouve confirmée cette doctrine chère à Herbart que l'expérience est inintelligible sans la métaphysique, mais que la métaphysique est vaine et stérile si elle ne prend son point de départ comme son point d'appui (sTwiêaa-sl; Ts xal opjjLaç) dans l'expérience.

Le phénomène réel (das wirkliche Geschehen). Nouvelle détermination du concept de cause.

Le travail métaphysique nous a conduits à considérer la réalité comme constituée par des êtres simples et immuables, susceptibles d'entrer en connexion (concursus), de former entre eux des aggrégats (zusammen), de telle sorte que l'un d'entre eux, élément central et constant de l'aggrégat, mérite à proprement parler le nom de substance, pendant que les autres qui successivement entrent dans la connexion et en sortent, peuvent être considérés comme les causes des propriétés multiples et changeantes des ciioses.

Est-ce à dire que tout soit fini, que l'interprétation de l'expérience soit complète, que toutes les difficultés aient été supprimées? Tout au contraire, les questions se pressent et se multiplient, suscitées par les résultats mêmes des investigations précédentes. Qu'est-ce en effet que ces connexions d'êtres simples, que ces concursus simplicium que l'application de la méthode des rapports nous a forcés de concevoir? Que se passe-t-il réellement

dans les êtres simples quand ils entrent dans une connexion, ou qu'ils en sortent? Gomment ces connexions diverses peuvent-elles nous servir à expliquer les apparences sensibles qui nous obligent à les supposer, ces propriétés multiples et changeantes des corps, qui n'ont en définitive d'existence que dans le sujet? En quoi consiste d'autre part ce va-et-vient (dièses Kommen und Gehen) des êtres simples qu'il est nécessaire d'admettre pour concevoir que ces êtres simples puissent être tantôt ensemble et tantôt séparés?

Quelques-unes de ces questions ne pourront recevoir que plus tard la réponse qu'elles exigent (dans la Synéchologie et dans l'Idéologie); mais il est possible d'aborder dès maintenant l'explication de ce qui se passe dans le concursus des êtres simples.

Remarquons d'abord que les termes de « connexion » et « d'aggrégat » dont nous avons fuit alternativement u?age, faute de plus exacts, aussi bien que l'expression de « concursus simplicium » dont Herbart lui-même s'est servi dans ses Théorise de attractione elementorum principia metaphysica, ne doivent pas nous faire illusion sur la véritable signification du « zusammen » des êtres simples. Ces différents termes semblent impliquer des déterminations spatiales qui doivent être ici rigoureusement écartées : les êtres simples en connexion ne sont point agglomérés à la façon d'atomes matériels; il n'existe entre eux aucune séparation; ils sont pensés et posés ensemble; et s'il était permis de les représenter par des points mathématiques, comme nous y serons d'ailleurs amenés plus tard •, tous les êtres d'une même connexion ne constitueraient qu'un seul et même point.

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