‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 46 sur 172 · AUgemeine Melaphysik · texte numérisé non relu

AUgemeine Melaphysik

simples ne peuvent se détruire mutuellement ni en totalité ni en partie. Mais d'autre part il est des cas où il faut nécessairement les penser en connexion sur l'ordre de rexpérience (auf das Gebot der Erfahrung). Si donc les deux êtres simples ne se détruisent pas partiellement par suite de leur mutuelle opposition, comme semblerait l'indiquer de prime abord la considération des points de vue accidentels, encore une fois, que se passe-t-il donc dans leur connexion?

En mécanique, lorsque deux forces égales se trouvent directement opposées, elles se font équilibre, et l'on dit qu'elles s'annihilent réciproquement. Il n'en est rien cependant : si on les considère indépendamment du résultat apparent produit par leur opposition, chacune d'elles demeure en elle-même ce qu'elle est; elle n'est ni augmentée, ni diminuée. Il en est de même dans le cas qui nous occupe. Sous un certain point de vue, représenté par (h- y) dans l'expression accidentelle de A, par ( — y) dans l'expression accidentelle de B, A s'oppose à B et tend à le détruire (stôren); mais il ne le détruit pas, car la qualité de B ne saurait être altérée, augmentée ou diminuée. Cela revient à dire que A détruirait B autant qu'il est en lui, si B ne résistait (widerstehen), et ne faisait effort pour conserver son être dans l'intégrité de sa nature simple (sich selbst erhalten); de môme que B détruirait A, autant qu'il est en lui si A ne résistait avec une égale énergie pour sa propre conservation. Ce qui se produit donc réellement dans la connexion de deux êtres simples, c'est une destruction mutuelle (Slôrungperturbatio), empêchée par un acte pur de conservation individuelle (Selbsterhaltung-conservatio sui), qui a lieu dans l'un aussi bien que dans l'autre, car si B se conserve pur rapport à A, A se conserve aussi par rapport à

B dans l'intégrité de sa nature simple. Rien n'est changé en définitive dans la nature intime de chacun des deux êtres en connexion, conformément au principe de l'absolue position*.

On voit comment s'évanouit la négation qui semblait impliquée dans l'expression accidentelle de B. S'il ne résistait à la destruction, B serait partiellement détruit par A, ce qui suppose en B une négation par rapport à ce qui est conçu comme positif en A; mais il résiste et se conserve, et cela implique une négation de cette négation. Tout acte de conservation individuelle est donc conçu par une double négation qui équivaut à une affirmation : B s'affirme dans la qualité qui constitue son essence, et l'on pourrait en dire autant de A, car tout ici est relatif et réciproque*.

Mais il ne faudrait pas croire qu'il n'y ait pour chaque être simple qu'un seul acte possible de conservation individuelle. Si au lieu de penser A = a -|- ^ -f y en connexion avec B = [X -4- V — y, nous le pensons en connexion avec G = 71 -h p — (3 sous un point de vue accidentel, c'est p et non plus y qui détermine ici la façon dont A se conserve par rapport à G : l'acte de conservation individuelle sera donc autre qu'il n'était dans le cas précédent. G'est ainsi que la couleur rouge s'oppose à la couleur violette autrement qu'elle ne s'oppose à la couleur verte. D'autre part le point de vue accidentel (a H- ^ 4" y) n'est pas le seul sous lequel A soit susceptible d'être envisagé. On conçoit donc pour un seul et même être simple, une infinité d'actes possibles de conservation individuelle, qui tous diffèrent les uns des

i Allgemeine Metaphysik, § 234.

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