‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 58 sur 172 · AUyemeine Metaphysik · texte numérisé non relu

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tique par ses divers caractères à l'espace sensible? C'est ce qu'il ne faudrait pas se hâter d'affirmer; et pour éviter toute confusion, il sera bon de désigner sous le nom d'espace intelligible, cet espace dans lequel les êtres simples sont nécessairement conçus. Cet espace n'est pas donné, il faut donc le construire.

L'espace intelligible.

La construction, de l'espace intelligible est présentée deux fois par Herbart, une première fois dans les Points principaux de la Métaphysique, et une seconde foig, sous une forme beaucoup plus savante, dans la Métaphysique générale. Comme au fond les deux constructions sont également arbitraires, c'est la première rédaction que nous suivrons de préférence, en raison même de sa plus grande simplicité.

La construction de l'espace intelligible suppose d'abord la détermination de ce qu'est le lieu (der Orl). Deux êtres simples A et B peuvent être soit ensemble (zusammen), soit non-ensemble (nicht zusammen) : dans le second cas il ne se produit rien; dans le premier chacun d'eux se conserve vis-à-vis de l'autre contre la perturbation dont il est menacé. Supposons-les nonensemble : tout en les maintenant réellement séparés de manière qu'il ne se produise en eux ni perturbation ni acte de conservation individuelle, nous pouvons cependant concevoir pour B la possibilité abstraite d'être ensemble avec A, de telle sorte que B se trouve avec A non pas en tant qu'être (Wesen), mais seulement en tant qu'image pure (Bild); et de même nous pouvons conce-

voir pour A la possibilité abstraite d'être ensemble avec B. Ainsi A fournit dans la pensée un lieu à B, et de même B fournit aussi dans la pensée un lieu à A. Ces deux lieux n'existent donc que par la liberté que l'on a soit de poser d'abord A et de concevoir ensuite la possibilité pour B d'être en connexion avec A, soit de poser d'abord B et de concevoir ensuite la possibilité pour A d'être en connexion avec B. C'est ainsi que dans une proposition exactement convertible, comme celle-ci : aucun carré n'est cercle, on a la liberté de prendre indifféremment l'un quelconque des termes comme sujet, d'où résulte pour l'autre le rôle de prédicat; si bien que l'un quelconque des termes peut assigner à l'autre son rôle et en quelque sorte son lieu '. En résumé le lieu est donc la simple possibilité dans l'esprit pour un éti-e simple d'être ensemble avec un autre être simple dont il est réellement séparé; c'est une image sans réalité d'un être simple ; c'est un point, un point mathématique *.

Or cette image de l'être, conçu indépendamment de la qualité propre qui constitue son essence, est toujours la même : un être peut donc servir de lieu pour un autre être quelconque, et par conséquent il peut être un lieu pour lui-même. C'est cette circonstance qui va rendre possible une construction de l'espace intelligible.

Revenons à nos deux êtres simples A et B : nous supposons qu'ils ne sont point ensemble. Cependant comme l'espace n'existe point encore, il n'y a rien entre eux : ils sont donc juxtaposés (aneinauder), et par conséquent leurs lieux sont aussi deux points également juxtaposés. Comme le lieu est pour les êtres absolument accidentel, nous pouvons maintenant en conservant la juxtaposition

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