‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 68 sur 172 · Allgemeine Melaphysik · texte numérisé non relu

Allgemeine Melaphysik

que de ces mouvements qu'il est nécessaire d'attribuer aux êtres simples pour expliquer leurs connexions et leurs séparations successives. Soient deux êtres simples A et B qui entrent en connexion : il faut donc les considérer comme préalablement séparés, de telle sorte que chacun d'entre eux occupe un lieu déterminé dans l'espace intelligible; et pour que la connexion se produise, il faut que B se meuve vers A, ou que A se meuve vers B, ou enfin que A et B se meuvent réciproquement l'un vers l'autre. Supposons d'abord que B se meuve vers A. Puisque les deux êtres simples ne sont pas en connexion, parfaite ou imparfaite, ils doivent être considérés comme totalement indépendants l'un de l'autre : ce n'est donc pas A qui détermine le mouvement de B. Mais alors quelle est la cause de ce mouvement? Il n'y en a pas : le mouvement en effet n'est pas à proprement parler un état de l'être (ein Zustand) comme l'acte de conservation individuelle; il n'a pas besoin de cause; dans l'être supposé en mouvement, il n'y a rien de plus que dans l'être supposé en repos; et il n'y a pas plus de difficulté à concevoir les êtres comme primitivement en mouvement qu'à les concevoir comme originellement au repos \ La position actuelle de B peut être considérée comme un moment particulier d'un mouvement que l'on peut prolonger par la pensée à l'infini en arrière de cette position.

Cependant de ce que le mouvement n'est rien à l'égard des êtres réels, de ce qu'il est pour eux sans signification (ohne Bcdeutung) résulte une conséquence importante. Lorsque nous disons que B se meut vers A, cela revient à dire que les divers points de l'espace se meuvent et passent successivement à travers B. Mais ce mouvement

i. Allfjcmeinc Mctaphjsik, S 281.

de l'espace où B était tout d'abord supposé se mouvoir ne se conçoit que par rapport à un autre espace qui demeurerait lui-même immobile. Si nous, considérons d'autre part que B doit se rapprocher de A, il faut alors nécessairement que cet espace qui se meut en sens inverse du mouvement primitivement attribué à B entraîne A avec lui. De plus il est aussi vrai dédire que A se meut vers B que de dire que B se meut vers A; d'où il résulterait, d'après ce qui précède, que l'espace qui contient B se meut avec B dans l'espace qui contient A. Par conséquent on peut dire que « chaque être demeure immobile dans son propre espace, mais se meut avec son espace dans l'espace de l'autre » (jedes reale Wesen ruhet in seinem eigenen Raume, jedes sammt seinem Baume bewegt sich im Baume des anderen) '. Par là les difficultés qu'implique le mouvement se trouvent reportées des êtres réels, qui ne sauraient admettre la contradiction, à l'espace, forme vide pour laquelle les contradictions sont sans inconvénient. Mais il faut avouer que tout cela ne présente rien de bien clair ni de bien satisfaisant pour l'esprit, et il est grand temps que des explications nouvelles nous permettent de concevoir plus nettement l'idée que Herbart se fait du mouvement des êtres simples.

Véritable signification du mouvement.

Le Réalisme de Herbart.

Si nous avons résumé brièvement les chapitres relatifs à la vitesse, au temps et au mouvement, c'est surtout pour montrer par de nouveaux exemples le soin constant

Page 1