Allgmeine Metaphysik
tateur purement imaginaire : les mouvements apparents se poursuivraient d'une manière idéale, comme s'il y avait quelqu'un pour les percevoir.
Pour bien comprendre cette doctrine il serait peut-être bon de la rapprocher de la théorie de Stuart-Mill sur les possibilités permanentes de sensation. « Que je sois pré- « sent ou absent, dit le philosophe anglais, le feu s'éteint « dans ma chambre et met ainsi fin à une possibilité de « chaleur » : c'est-à-dire que les pures possibilités se succèdent exactement comme se succéderaient les sensations elles-m.êmes. De même les mouvements apparents de Herbart, bien qu'ils n'aient réellement lieu qu'autant qu'il existe au moins un sujet dans lequel viennent se peindre les images des êtres simples, se poursuivent néanmoins d'une manière purement idéale, et pour ainsi dire en tant que possibilités, en l'absence de tout spectateur. Voilà pourquoi l'ensemble de tous ces mouvements constitue une apparence sans doute, mais une apparence objective (der objective Schein) vraie au regard de toute intelligence quelle qu'elle soit.
C'est peut-être ici le moment d'indiquer quel est véritablement le rôle des formes de l'espace et du temps dans la connaissance. L'espace permet d'embrasser dans une même intuition, ou, pour mieux dire, dans une même pensée, des êtres qui en eu.x-mêmes sont totalement indépendants les uns des autres; le temps permet de même de réunir, par l'intermédiaire du mouvement, les phénomènes réels, c'est-à-dire les actes purs de conservation individuelle qui par eux-mêmes ne présentent entre eux aucune liaison '. L'espace et le temps sont donc, chez Herbart, comme chez Kant, des conditions de