Ibid
vrons point Herbart dans les explications toujours ingénieuses, mais trop souvent arbitraires, qu'il donne des différents phénomènes naturels, de la lumière et de la chaleur, de l'électricité et du magnétisme, de l'organisalion et de la vie, de l'attraction à distance enfin, manifestement incompatible telle qu'on l'entend ordinairement avec les principes de sa doctrine, puisqu'il se reconnaît d'autres forces que les forces apparentes d'attraction et de répulsion qui apparaissent dans la connexion incomplète des êtres simples. En général les solutions données à ces problèmes particuliers, toujours plus ou moins étroitement liées à l'état contemporain des connaissances positives, ne présententjamais qu'un médiocre intérêt, lorsque le temps est venu renverser les hypothèses scientifiques sur lesquelles elles sont péniblement échafaudées, et auxquelles elles empruntent momentanément une illusoire vraisemblance. Notre but d'ailleurs ne comporte point l'examen de ces points de détail; mais il nous faut tout au moins, avant de clore ce chapitre, indiquer brièvement les réponses fournies par Herbart aux grands problèmes de l'ancienne Cosmologie rationnelle qui ont donné lieu aux antinomies kantiennes.
1" Le monde est-il fini ou infini dans l'espace? Est-il éternel ou a-t-il eu un commencement dans le temps? Ces deux questions, ordinairement réunies, et particulièrement par Kant, doivent être au contraire, d'après Herbart, soigneusement séparées. En ce qui concerne la première, il faut remarquer tout d'abord que le nombre des êtres simples, quoique assurément immense et incalculable, doit être cependant fini et déterminé, car l'infini est contradictoire et incompatible avec la réalité. Mais alors l'espace dans lequel nous les concevons ne saurait être infini; car un espace infini supposerait des vides
infinis entre les aggrégats d'êtres simples, d'où l'impossibilité de les penser ensemble, alors que l'espace exprime justement la possibilité de les embrasser (die Môgiichkeit der Zusammenfassung). Ce qui est vrai c'est que l'espace n'a pas de bornes déterminées, ce qui n'a pas d'inconvénients puisqu'il n'est qu'une simple forme, et qu'il doit être prolongé dans chaque cas particulier autant qu'il est nécessaire pour les mouvements qu'il convient d'attribuer aux êtres simples '. La seconde question est résolue d'une manière différente. Le quantum du phénomène réel (das wirkliche geschehen) doit être fini et déterminé comme le nombre des êtres simples, par cela même que l'indétermination est inconciliable avec la réalité. Mais ce quantum fini du phénomène réel peut cependant remplir un temps infini, grâce aux mouvements, dont le temps est le nombre, qui peuvent et doivent toujours être prolongés indéfiniment en arrière de la position actuellement occupée par les êtres simples, puisque, aussi bien, un commencement de ces êtres simples est incompatible avec le principe de l'absolue position. La difficulté se trouve donc tranchée grâce à la distinction établie entre le phénomène réel dont le quantum doit être fini et l'upparence objective qui peut être sans inconvénient considérée comme se poursuivant indéfiniment dans le temps (durch Unterscheidung zwischen Wirklichkeit und Schein die Schwierigkeit der abgelaufenen unendlichen erfuIUen Zeit gehoben M^ird ') .
2" La matière est-elle divisible à l'infini? La réponse négative résulte nécessairement d'une part du nombre fini des êtres simples qui en constituent les éléments der-