‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 76 sur 172 · Aphorismen zitr Hcligionslehre · texte numérisé non relu

Aphorismen zitr Hcligionslehre

logiques : l'expérience, cette large et solide base de la métaphysique, conduit théoriquement à Dieu. Si le cours de la nature aussi bien que son commencement ne présentent rien de merveilleux et trouvent une facile explication, tant qu'on considère isolément chaque série de phénomènes, il en est tout autrement lorsqu'on envisage la finalité qui éclate dans la manière dont les diverses séries de phénomènes ont été originellement disposées. (Der Fortgang einmal angefangener Reihen des Naturlaufes bleibt, nach den Erklârungen, die man davon zu geben im Stande ist, nicht mehr wunderbar — Wunderbar ist ebensowenig, der Anfang irgend einer Reihe von Begebenheiten im allgemeinen : dieser musste hervorgehn aus den urspriinglichen Bewegungen. — Aber wunderbar im hôchsten Grade ist und bleibt das Beginnen eines zweckmâssigen Naturlaufes '.) Herbart rétablit donc la preuve physico-théologique qu'il regrette de voir condamnée par Kant. Il combat l'explication que son prédécesseur donne de la finalité, en faisant remarquer d'abord qu'il n'y a point de raison, faculté primitive, et par conséquent point d'idées inhérentes à la raison, et ensuite que si la finalité était une telle idée, elle devrait être également appliquée par tous et à tout. D'où vient donc que l'application de l'idée de finalité ne s'impose que dans un très petit nombre de cas? D'où vient que tant de penseurs l'aient méconnue? « La conception téléologique du monde n'est nullement la conception commune, naturelle, ordinaire » (die teleologische Weltansicht ist nicht die gemeine, naturlichc, gewôhnliche *). Elle n'apparaît que fort tard dans l'histoire de la philosophie, avec l'école de Socrate. La divi-

4. Lehrbuch zur Einleiiung in die Philosophie, § 153. 2. Ibid.

nité est jalouse! voilà la croyance naturelle des hommes; celle à laquelle ils reviennent toujours : « iiâv Oswv ^Oovspév : das ist die natûrliche Meinung der Menschen; daher gleiten sie immer wieder zurûck \ » Et Platon n'a pas exprimé une vérité banale lorsqu'il s'est écrié que Dieu est bon et que la bonté est exempte de toute espèce d'envie! « 'AyaOcç r,v àyaOû 5e oùSslç uspl oùBevoç ojSstcot' Iveov». '^8ovô?. » (Timée.)

Mais dès lors qu'on rejette la théorie de Kant, du moment où la finalité ne peut plus être rapportée au sujet qui la trouve dans les choses et ne l'y place pas, l'argument physico-théologique reprend toute sa force. « Un « cours des choses réglé par la finalité ne doit pas seule- « ment tendre vers une fin; il doit procéder d'une fin « préalablement pensée, voulue, et ensuite réalisée par « un esprit doué d'efficace. » « Das Zweckmassige nicht bloss treffen zum Zweck, sondern ausgehn vom Zweck, welcher zuvor gedacht, gewollt and ausgefûhrt wurde von einem wirksamen Geiste*. » « D'où savons-nous qu'il existe autour de nous d'autres intelligences? D'où tenonsnous que nous sommes entourés d'hommes et non pas seulement de formes humaines? D'où vient que nous distinguons l'homme raisonnable du fou? N'est-ce pas à la disposition de moyens appropriés à une fin? Et le même raisonnement ne conserve-t-il pas toute sa valeur, quand la vue de la finalité manifeste dans le monde con-r duit à y voir l'œuvre d'une intelligence'? Herbart , sans entrer d'ailleurs dans de longs développements, car il n'a jamais écrit d'ouvrage spécial sur les questions théologiques, rappelle la constitution merveilleuse

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