‹ La métaphysique de Herbart et la critique de KantChapitre 79 sur 172 · Einleitung, $ 106, rem. de la 2' édit · texte numérisé non relu

Einleitung, $ 106, rem. de la 2' édit

Le Beau, l'Aimé, le Premier, sont donc de pures idées, des formes vides (leere Formen), comme tous les objets de la Morale, science de l'Idéal, et qu'il faut bien se garder de réaliser. L'esprit, obéissant à ce besoin primitif d'unité, dont Herbart a reconnu la puissance et montré les dangers \ cherche à identifier ces trois idées, et à les embrasser dans un même concept, celui du Saint. Mais la spéculation doit cependant les maintenir préalablement séparées, et concevoir ainsi une sorte de Trinité, dans laquelle il est facile de reconnaître la Trinité du christianisme : le premier c'est le Père, le Beau c'est le Verbe, l'Aimé, identique au fond à l'Amour, c'est le Saint-Esprit.

Le Premier et le Beau, obtenus par des analyses distinctes de la science pratique, sont et doivent demeurer distincts; mais on conçoit que s'ils venaient une fois à être identifiés, ils constitueraient l'objet suprême de l'amour; ils seraient l'Aimé. Le Beau est en effet par luimême objet d'amour; il en.est de même du Premier, car l'amour est la loi de l'empire des esprits. Mais l'Aimé est plus que le Beau; il est plus que le Premier aussi et ne doit être cherché exclusivement ni dans l'un ni dans l'autre : il est ineffable, et inconnaissable dans sa nature propre.

Le Premier est dans le temps, puisqu'il est la condition suprême d'une finalité, la finalité morale, qui ne peut être réalisée que dans le temps. Il conduit à l'Etre, car les esprits sont des êtres; mais il conduit en même temps à l'éternelle contradiction, car les relations des êtres entre eux ne sont possibles que par le mouvement, et le mouvement est, comme on l'a vu, essentiellement

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