Aphorismen zur Religionslehre
ment contre l'accusation qu'il avait encourue de faire intervenir dans son système une sorte de Deus ex machina. II revient sur ce point que pour lui la croyance religieuse n'est pas seulement un besoin d'ordre pratique, comme le pensait Kant, mais qu'elle a son principe dans la Métaphysique, née elle-même de l'interprétation de l'expérience, qu'elle est le complément nécessaire du savoir théorétique (eine theoretische nothwendige Ergânzung unseres Wissens); et il ajoute qu'il ne croit ni possible ni nécessaire de rien changer à ses déclarations précédentes *. Il reste cependant que ces diverses considérations d'ordre moral ou même spéculatif, quelle qu'en soit d'ailleurs la valeur, ne sauraient être considérées comme une démonstration rigoureuse : Dieu demeure en définitive objet de croyance, non de science (des Glaubens nicht des Wissens).
L'immortalité de l'âme
Ce qui est à remarquer c'est que l'idée de Dieu, législateur, non plus que l'idée de Dieu juge et rémunérateur, n'est nulle part formellement exprimée, bien que la conception de Dieu juste et bon, père des hommes et prince du royaume des esprits, semble impliquer l'une et l'autre. C'est qu'en vérité il semble difficile dans la doctrine de considérer Dieu comme un législateur : d'abord il n'y a pas de loi, mais seulement un idéal moral ; et Dieu est soumis, comme les hommes, à cet idéal moral qu'il trouve en lui-même, aussi bien qu'aux lois malhémati-