Aph. zur Religionslehre, S dernier
d'équilibre. Un état voisin de l'équilibre parfait, qui ne saurait jamais être entièrement atteint, se produit assez rapidement chez les âmes sages qui dès la vie terrestre ont réalisé en elles-mêmes une certaine harmonie, beaucoup plus lentement au contraire chez les âmes passionnées qui ont toujours vécu dans le trouble et l'agitation : chez ces dernières les mouvements désordonnés se continuent longtemps encore beaucoup plus douloureux peut-être que pendant la vie antérieure \ Mais tôt ou tard l'ardeur de la passion finit par s'éteindre, les désirs s'apaisent, l'erreur fait place à la vérité, la voix de la conscience se fait entendre plus clairement; le pécheur se convertit ^ L'état d'équilibre relatif est alors atteint; l'harmonie s'établit; l'âme ne sent plus le temps. Une oscillation infiniment lente et douce des représentations, une image infiniment effacée de ce que nous appelons la vie, voilà la vie éternelle, « ein unendlich sanftes Schweben der Vorstellungen, eine unendlich schwache Spur dessen, was wir Leben nennen, ist das ewige Leben^ ». La connaissance n'est point accrue par l'harmonie qui s'établit entre les représentations (ou du moins on n'en saurait répondre); mais l'âme jouit d'un tranquille bien-être (ein ruhiges Wohlseiil *).
Telles sont du moins les conclusions auxquelles conduit la science; mais ces conclusions n'ont qu'un caractère de vraisemblance qui lui-même peut être à peine accru par des considérations tirées de l'idée d'une Providence. Au même titre et plus encore que l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme est objet de croyance et non