Ibid
seul est compatible avec la méthode mathématique de Herbart, comme avec la méthode logique de Spinoza. Il y a toutefois celte différence entre les deux doctrines, que le déterminisme de Spinoza présente en même temps au plus haut degré le caractère fataliste, pendant que chez Herbart le principe monadologique assure à l'âme qui a sa qualité propre originelle une cerlaine indépendance (Selbstàndigkeit). Nous insisterons davantage sur le caractère particulier du déterminisme de Herbart en exposant la critique approfondie qu'il fait de la liberté transcendantale ^ Bornons-nous pour le moment à dire que la seule liberté qu'il admette est celle que l'on désigne parfois sous le nom de liberté de perfection et qu'il appelle liberté interne (die innere Freiheit) : elle consiste dans l'harmonie de la volonté avec le jugement esthétique (moral) et avec l'idée du Bien qui en est progressivement dégagée *. Quant à l'illusion même du libre arbitre, de la liberté d'indétermination, il n'est pas difficile d'en rendre compte. U arrive souvent qu'après mûre délibération l'homme est sur le point de prendre une décision (aus der geendigten Ueberlegung ein Entschluss hervorzutreten in Begriff steht), lorsque naît un désir opposé à cette détermination. Il ne sait plus alors ce qu'il veut : il se considère commo sollicité en sens inverse par deux puissances opposées, la raison et le désir, dont il se distingue, et se croit libre de suivre l'un ou l'autre parce qu'il ignore le mécanisme du désir '. Mais c'est là une illusion, car le désir et la raison qui n'est en définitive qu'une masse solidement liée de représentations, sont en lui, sont lui-môme, et son choix final
i. Voir liv. Il, cha\t. vu.