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des différents points de la rétine affectés par les objets extérieurs se combinent en une seule représentation purement intensive, où l'on ne saurait découvrir rien qui ressemble à la droite et à la gauche, au haut et au bas, rien qui ressemble à cette extériorité respective des parties (das Auseinander) qui caractérise l'espace \ Pour arriver à cette distinction des parties de l'espace le mouvement de l'organe est nécessaire : encore ne suffit-il pas d'un mouvement simple; un double mouvement alternatif, de gauche à droite et de droite à gauche par exemple, est indispensable. Ilerbart se rencontre ici avec M. Herbert Spencer; mais il ne faudrait pas s'abuser sur l'importance de celte coïncidence : le rôle qu'il fait jouer au mouvement alternatif de la rétine ou de la main est tout différent de celui que lui attribue le philosophe' anglais. Pour bien comprendre sa doctrine il faut se reporter à la formule générale
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et à la loi des reproductions sérielles (die Reihenfolgen). Supposons donc que l'œil se mouvant d'abord de droite à gauche par exemple, le centre de vision (der Mittelpunct des Gesichlsfeldes), pour prendre les choses sous la forme la plus simple, parcoure une série de points lumineux extrêmement rapprochés, a, b, c, d, etc., tels que ceux que peuvent fournir les êtres simples, auxquels se ramène en dernière analyse la matière, dans leurs connexions successives avec l'âme (il s'agit ici non de con-
1. Herbarl prétend que si l'on cherche à regarder fixement au loin, l'étendue semble en quelque sorte s'évanouir (schwinden) et que pour la retrouver, il faut un mouvement imperceptible de l'œil. 11 fait en outre remarquer que lorsque nous nous trouvons en présence d'un objet totalement inconnu, noua le parcourons des yeux rapidement et dans tous les sens pour pouvoir en prendre connaissance [Psy. als Wiss., S Ml, t. VI, p. 121).
nexions immédiates, mais de connexions médiates qui se produisent par l'intermédiaire du milieu, de l'organe et des nerfs '). Chaque représentation fusionnera avec chacune des représentations suivantes par un reste d'intensité décroissante. Toutefois pendant ce mouvement, qui est la condition première de la formation de la représentation de l'étendue, il ne se produira rien qui ressemble à l'espace. Mais que l'œil, se mouvant maintenant de gauche à droite, revienne en arrière (riickwârts). Chacune des représentations nouvelles qui auront lieu pendant ce mouvement déterminera la reproduction immédiate de la représentation semblable, et à sa suite la reproduction successive des représentations suivantes de la première série, en vertu de la formule
(.-o-lf).
Le résultat cherché est ainsi obtenu : les différents points de l'espace sont distingués les uns des aulres grâce au phénomène de l'arrêt (die Hemmung) qui isole les diverses représentations et ne leur permet de se reproduire que successivement, de manière que chacune d'entre elles occupe une place fixe et déterminée dans la série : la reproduction de chaque terme en effet est subordonnée au reste par lequel il a fusionné avec la représentation immédiatement rappelée; et si le reste r' par exemple est intermédiaire (comme intensité) entre les restes r et ;•", le terme correspondant à ;•' reparaîtra toujours entre les deux termes qui ont fusionné respectivement avec les restes r et r".
Il est à remarquer que la série obtenue comme il précède n'est point une série continue, quoique les termes
1. Voir ' Happoris de l'dmc et du corps, liv. I, chap. vu, f, 10.
en soient extrêmement rapproches. C'est que, comme le dit Herbart dans la métaphysique, l'extériorité respective des parties, dont l'origine vient d'être expliquée, est seule une propriétç primitive de la représentation de rétendue, et la continuité n'est qu'ultérieurement introduite par la pensée. Gomment cela? C'est qu'entre deux restes successifs, ;•' et r", par exemple, qui diffèrent nécessairement quelque peu que ce soit l'un de l'autre, il est toujours possible d'en intercaler par la pensée un troisième, et par conséquent de concevoir un point entre deux points de l'espace aussi rapprochés que l'on voudra : de là la divisibilité de l'espace à l'infini qui est d'ailleurs nécessairement conçue mais ne saurait jamais être réalisée. C'est ainsi que prend naissance ce concept éminemment contradictoire de la continuité qui a si fort embarrassé les philosophes et que beaucoup cependant n'ont pas craint d'appliquer à la réalité, comme si le réel pouvait admettre en lui la contradiction *.
La théorie précédemment exposée de la genèse de l'étendue suppose, comme on peut le voir, non pas la réalité objective de l'espace, mais du moins la coexistence d'une multiplicité d'êtres simples. Il n'y a pas à s'en étonner : la théorie psychologique est d'accord avec les principes métaphysiques de la doctrine. Herbart essaie de montrer cependant ' comment sous certaines conditions son explication pourrait être appliquée dans un système qui, comme celui de Leibniz, engendrerait la connaissance indépendamment de toute action extérieure. Il faut admettre seulement que tout se passe comme si des actions extérieures se produisaient réellement.