‹ La métaphysique de MaïmonideChapitre 2 sur 87 · I. Voir plus loin le chapitre sur l'Existence de Dieu · texte numérisé non relu

I. Voir plus loin le chapitre sur l'Existence de Dieu

vision d"Ezéchiel qui devient une théorie cosmolog-ique. l'uis l'auteur agite le problème du mal, de la finalité du monde et de la Providence. Il aborde ensuite l'explication rationnelle des prescriptions religieuses, « l'Esprit des lois de l'Ancienne Alliance » , suivant l'expression d'Adolphe Franck. Mais l'observation des pratiques n'est pas le but suprême de nos efforts, elle n'est qu'un moyen et une préparation : le dernier terme c'est la connaissance métaphysique. Avec cette connaissance nous nous élevons à la perfection, et, par là même, nous nous assurons la béatitude et l'immortalité.

En définitive, le Guide, par une heureuse conciliation des doctrines révélées avec les enseignements du péripatétisme arabe, prétend nous conduire à la vraie et suprême science, et ainsi nous identifier avec l'intellect agent dans la [)léiutuile de l'être et du connaître.

A quelles sources Maïmonidc a-t-il puisé pour établir sa doctrine ?

Il y a d'abord la littérature judaïque : Bible, Talmud, Midraschim ('), (Iheonim ('), théologiens rabbanites et caraïtcs('). qac Maïmonidc ap[irof<>n(lil dans la mesure où les dillérents écrits lui lurent accessibles (cf. Guide, I, ch. ;i ; III, ch. i;)C).

I. Talmud et Midraschim composent la loi orale ou Iraditioniielle et rapportent les explications et les controverses raUbinieiues. Les Midraschim sont des interprétations honiilétiques qui suivent le texte biblique, le Tulmud est un recueil de traiUs i|ui portent sur les sujets les plus variés.

a. Recteurs d'académie du viii- au xi» siècle.

3. I,e» ( jraites, sectateurs de la • lettre » eerile, apparurent vers le milieu du viu" siècle; ils s'opposent aux rabbanites qui, à coté de la loi écrite, admettent les explications et développements traditionnels des rabbins.

4. Kn parlant de réfuter Us philosophes. Maimonide dit : « Je ne prétends pas cependant être le seul qui se suit a|>plii|ué à les réfuter; d'autres l'iuit fait avant moi. tels llàya, Ahron b. Serdjado, Ibii lijana'li, Ibn al Akouli, lien 'llofni ha-Cohen, Kabbi Dùssa et son père 11. Saadia Gaân. ■ Voir note de Miink, (JiiiJe, I, p. i&2. Maimonide semble faire allusion

Mais quelques vues que les ouvrages juifs aient pu ouvrir à l'esprit de Maïmonide et quelques matériaux qu'ils aient pu fournir à son fonds d'idées et de savoir, ce n'est pas là qu'il faut cherclier les éléments intégrants et constituants de sa doctrine philosophique.

Ce n'est pas non plus au Calâm (') que Ma'imonide est redevable de quelqu'une de ses idées directrices. Sans doute il a étudié avec le plus grand soin les Motécalliin, mais il n'en parle le plus souvent que pour réfuter leurs conceptions (cf. Guide, I, eh. 5i (p. i85), ch. 69 (p. 3i3 et s., p. 322), ch. "i(p. 335 et s.), ch. 73-76; II, ch. 14 (p. 118), ch. 16 (p. 128); III, ch. 10 (p. 58, 59)0.

La doctrine de Ma'imonide, comme nous l'avons dit, est le pcripatétisme modifié par les Arabes sous l'influence des spéculations néo-platoniciennes.

Ma'imonide est tout pénétré des idées d'Aristote et il le cite à chaque instant('). Tandis que Platon lui parait trop (( obscur et plein d'images », Aristote est pour lui « le prince des philosophes » (*). Ma'imonide a pris soin de préciser lui-même son attitude à l'égard d'Aristote. « Tout ce qu'Ai'istole, écrit-il, a dit sur tout ce qui existe au-dessous de la sphère de la lune, jusqu'au centre de la terre, est indubitablement vrai. Personne ne saurait s'en écar-

dans Guide, 1, ch. 5a, p. 2o3-2o4, à Juda Halévi (Kozri. II, 2) el à Abraham iba Oaoud {Emonnah ramak, 54) ; dans Guide, I, ch 54, p- 2ai, à Juda Halévi (ib.. Il, 2) ; dans I, ch. 65. p, 290, à Saadia (Emoanoth i'e-Déoth, II, 8) et à Juda Halévi {op. cit., I, g Su) : dans II, ch. 5, p. 63 et III, ch. 49, P- 4i7> à Saadia ; dans Maamar tia- Yi'houd, p. g, dans Huit Chapitres, ch. 6, et dans son Kpitre au Yèmen (Kobéç, II, 5». col. 2). il fait ég:aU'ment allusion il Saadia; dans Guide, I, ch. 5g, p. aSa, à Ba'hya (fjôlwlh lia- Lebabàth, I, ch. lo) et au même auteur (II, ch. 5) dans Guide, III, ch. 12. Dans une ettre à Samuel ibn Tibbon (Kobéç, U, 28'') .Maimonide dit qu'il a connu Joseph ibn Çadditi, mais qu'il n'a pas lu son Oiam Qattan.

1. ^'oi^ plus loin le chapitre sur lExisteuce <le Dieu, note 4-

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