‹ La métaphysique de MaïmonideChapitre 26 sur 87 · h. 5;; cf. ch. 65, p · texte numérisé non relu

h. 5;; cf. ch. 65, p

4 Celte distinction entre la quiddité d'une chose et son existence est due à Avicenne, Toutes les choses se trouvant dans la première cause qui les connaît d'avance, la quiddité des choses est antérieure à leur existence, laquelle, par conséquent, est un accident de la guiddité ; voir Munk, Guide, I, p. 23i, note i ; Carra de Vaux, Avicenne, p. 264.

5. Cf. I, ch. 63, p. 3o2. Cf. lc<:odé ha-Torah, II, 10; Huit Chapitres, ch. 8, Cf. Spinoza, Cogit. Métaph , II, 4, § 3 ; n Vis, qua Ueus in suo esse persévérât, nihil est praeter ejus essentiara : unde oplimi loquuntur, qui Ueum vitam vocant. Xec desunt theologi qui sentiant, Judaeos hac de causa, nempe quod Deus sit vita et a vita non distinguatur, quum jurabant, dixisse : vivus Jehova, non vero vita Jehovae : at Joseph, quum per vitam Pharaonis jurabat. dicebat : vita l'haraonis ».

son existence. Donc il existe, mais non par l'existence; et, lie même, il vit mais non par la vie, il peut mais non par la puissance, il sait mais non par la science (').

L"unilé, en tant ([ii'accident. ne saurait être attribuée à Dieu, être réellement et absolument simple. I/unité n'est pas une chose ajoutée à son essence, il est un, non par Vunilc. Le langage humain trahit la pensée : pour indiquer que Dieu n'est pas multiple, nous sommes forcés de recourir au mot un. (juoique l'un et le multiple lassent tous deux pai'tie de la quantité. Pour éviter l'équivoque, on a employé l'expression : un. mm par Vunilé.

11 en est de même pour le qualilicatif d'éternel. Là encore le mot fausse l'idée, attendu que le mot éternel enveloppe un rapport avec le temps, lequel est un accident du mouvement qui compète au corps. Or Dieu n'a pas de corps, il est au-dessus du temps (•). De plus, ce mot exprime une relation \\;\v ra[ii)oi't à te cjui n'a pas toujours été ; or Dieu no saurait être mis en relation avec rien (^).

Les seuls attributs cjuc nous soyons en droit de formuler par rapport à Dieu sont des attributs négatifs. Les attributs affirniatifs désignent toujours une partie du sujet, soit ime partie île sa substance, soit un de ses accidents, tandis que les attributs ni'gatifs ne nous font rien connaître de l'essence (').

Do Dion nims no saisissons rien sinon (\u'il est. mais

I . Cr. h-rodt^ lia- Tiirafi, 11, ii> ; Mtiainar ha- irhoiiil, p. )i.

a. cr I, ch. 5a, p. i<ju; II, cil. i3; Aristotc, Phyxiqui; liv. IV, cli. lo-ia.

3. Cf. 1, ch 52, p. ao«. l'hilon irudmot pas non plus qu'on reconnaisse à Dieu aucun altriliut positif. Dieu est meilleur que le Bien, plus pur que le l'n, Oc l'i/n conli-m., II ; il est insaisissable nu^nie pour les prophètes. De monarch., \\; seule son existence est compréhensible (jûapHiç), mais non son essence (oùcfa), A" monarch.. Il; cf. Sacr. ti'i;. alieg., I.

4. Ch. 38. C'est avec .M-Kenili que la théorie tics attributs négatifs comme étant les seuls attributs admissibles par rapport à Dieu s'établit dans la philosophie arabe. Les theolofficns juifs Itachya, ibn liabirol, Juda llalévi, Jns4-pb itin (.*aildit|, .\brahain ibn Daoud se prononcent tous également pour celte clas>e d'attriliuts. Opendant aucun tl'cux n'a pour* suivi les conséquences de ce jtrincipe avec la rigueur qu'apporte .Maimonidr.

•iS DIEU

non {)as ce qu'il est ('). 11 n'est susceptible d'aucun allribut allirniatif. car il n'a pas d'être en dehors de sa quiddité (•). Quand donc nous disons de Dieu cju'il existe, nous voulons signifier que sa non-existence est inadmissible ; quand nous disons qu'il est rivant, nous voulons indiquer qu'il n'est pas sans vie à l'instar des éléments inertes : quand nous soutenons qu'il est l'être parfait, nous entendons nier (juil soit alVeclé d'aucune imperfection, etc. (').

Par conséquent, tout attribut que nous prêtons à Dieu est un atli-ibut d'action ou bien marque la négation d'un privatif.

^lais s'il est impossil)le d'altcindi-e la véritable essence de Dieu, si les attributs allirmatifs nous sont interdits, en quoi la connaissance du penseur est-elle supérieure à celle du premier venu? — A cette oljjcction on répondra : N'est-il pas vrai qu'à mesure iju'on augmente les attributs d'un sujet, on en saisil mieux la véritable nature? De môme, à mesure qu'on accumule les attributs négatifs il l'égard de Dieu, on s'en rapproche davantage, on a de lui une connaissance plus exacte que l'individu qui ne statue pas les négations nécessaires.

Prêter à Dieu des attributs aflirinatifs, ce n'est pas seulement le concevoir autrenieiil qu'il n'est et admettre en lui la pluralité, c'est en quelque sorte nier son existence (*).

1. Le 011. mais non le tî • cf. Aristote, Dern. Analytiques, liv. II, ch. 2. Nous ignorons la loi de sa sagesse, Guide, II, cli. i8, p. i43 ; cf. Bacliya, 'Ilôbôth ha-Lvhubùlh, I, cli. lo.

2. Les êtres qui sont causés enti-enl dans un ifcnre et se distinguent par une ililJérence; leur (|uid(lité, par conséquent, est composée. L'homme, étant délini un « animal raisonnable », sa quiddité est déterminée par ces deux attributs, dont l'un indique le genre et l'autre la différence. Dieu n'est pas causé, il n'entre dans aucun genre, sa quiddité ne peut être que d'une simplicité absolue. Voir Munk, 1, p. 242, note 2.

'1. Cil. Ô8, p. 24;; cf. 5|), p. 250.

4. Rien de plus choquant que d'accumuler les épithètes à l'égard de Dieu. .Maimonidc s'appuie du passage suivant du Talmud £erfl/,o(/i, 33>' : « (Quelqu'un, se trouvant en présence de Kabbi 'Ilanina, commenta ainsi sa prière ; « O Uieu grand, puissant, redoutable, magnifique, fort, révéré.

De l'existence nécessaire de Dieu résulte sa simplicité pure. Il est iiiip()ssii)lc que celte essence simple ait des alliiluils. Dire (jue Dieu est une essence renfermant des idées nombreuses qui seraient des attributs, c"est appliquer le nom de Dieu à un pur non-ètre (').

En lace des qualités ou des émotions (pic 1 Kciituie attribue à Dieu, il faut toujours se rappeler la parole rabbinique : (i L'Kcriture s'exprime selon le Ian£ja<;e humain». 1, homme a une tendance nalurelle à aiithrupomorpliisev. De là <lcs épithètes appliquées à Dieu qui indiquent la coi'poi-éité. en vue d"ex[)rimer son existence. De même, tout ce que nous concevons comme une perfection nous le conférons à Dieu, bien (jue cela ne soit une perfection (|uc [Kir ra|i[)(irl ,i nous; car, pour lui, tout ce que nous regardons coiiiinc des p(>rf(>ctinns est une extrême imperfection (•).

Les termes ihiiit la l'.ibh' se sci-l à propos de Dieu sont de pui'cs métaphores, des arlilices pour élever les esprits à une connaissance approximative de Dieu. On a dû recourir à l'idée de corporéité pour faire comprendre qu'il existe, à l'idée de mouvement pour donner à entendre qu'il est i'ivnnl. etc. (').

Tout ce (]ui est attril)uéii Dieu se distingue de nos attributs sous tous les rappoi-ts. si bien ([u'il ne saurait ctre question d'une dénnilion commune, ainsi (pi'on l'a expli-

imposaiil.. . » l.o (Jutlcur riiilcnoiiiiiil, sViiiaiil : o Astii :icli<-vr toutes les Iniiiiiif^cs de Ion Seigneur? lié quoi! nu^nic les trois premiers attributs, si .Moïse ne les avait pas énoncés dans la Loi (Dt., X, i;) et que les hommes de la grande Synagogue ne les eussent fixés dans lu prière, nous n'oserions pas les prononcer; el loi, tu en cnllles toute une série! Permets une comparaison : Ne serait-ce pas faire insulte à un roi de condition liuniaine <|ui posséderait des millions de pièces d'or que de l'exulter pour ce tpril possède de pièces d'urgent'.' » La louange qui convient le mieux à Dieu, c'est selon lu lielle parole du psaluiisle. l'adoration muette (Ps , 05, a) >. Voir I, cli. T>y, p. a.")'} el suiv.

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