‹ La métaphysique de MaïmonideChapitre 39 sur 87 · I, ch. :a, p. 364 el · texte numérisé non relu

I, ch. :a, p. 364 el

,">. « Si les quatre facultés qui existent dans le corps de tout ce qui s'alimente, savoir, l'attractive, la coêrcitive, la digcstive et l'expulsive, pouvaient ressembler aux faculté;; intellectuelles, de manière à ne faire que ce qu'il faut, au moment et dans la mesure convenables, l'homme serait préservé de nombreuses maladies. Mais ct>mme cela n'est pas possible et qu'au contraire elles remplissent des fonctions physiques, sans rétlexion ni discernement, il s'ensuit qu'elles engendrent de graves maladies, quoiqu'elles soient le moyen par lequel l'animal naît et se conserve pendant un certain temps... Il en est absolument de même pour l'ensemble de

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Jai niali(''rc du mondo iuli-rieur iUIIÏto totalcnieut de celle du monde supérieur ('). Celle-C'i est léther, au lieu que la matière du monde sublunaii-e a reçu quatre formes qui sont la terre, l'eau, l'air et le feu. Ce sont des corps inertes et inanimés. L'air et le feu tendent vers la périphérie, l'eau et la terre vers le centre (').

D'abord il y a la teri'e. au-dessus d'elle est l'eau, audessus de l'eau |)lane l'air, et au-dessus de l'air le feu ('). Par son mouvement cii'culaire. léther inii>rime une motion aux éléments ('): h' fmi et l'air sont refoulés vers l'eau, tous pénètrent dans la terre, de sorte qu'il en résulte un mélange des éléments.

Puis ils conunencent à s'agiter pour retourner ilans leurs ri'gions respectives ; <Ies parcelles de terre se joignent à l'eau, à l'air et au l'eu, et ainsi les éléments agisseiil et réagissent conlinin-iicnieiil les uns sui- les autres. D<' ces mé'langcs sortent les va[)eurs. puis les minéraux, puis les végétaux et enfin les animaux. Les éléments naissent les uns des autres et se perdent les uns dans les autres, car tout n'a qu'une seule matière et la matière ne peut [)as exister sans forme pas plus ([ue la forme physitpie ne peut exister sans malièi'c. La naissani'c et la tlestruclion des éh'uients et des choses suhlunaires suivent en quelque sorte un iiiouxcment circulaire analogue à celui du ciel, si hien (pu- le mouvement de la matière iiiformé-e sous les modalités successives ([u'ellc rcvct peut

l'univers. La chose <[ui fiiit ii.TÎlr)' oc (|ui iiail cl l'ti prolonge l'existence p<Mulant un certain temps — savoir, le mélange des i'iements produit par les facultés de la sphère céleste (gui les inetti'nt en mouvement, — est ellemême la cause ciui amène dans l'univers des phénomènes nuisibles, comme les torrents, la t^réle, les ouragans, etc. », ih., p. 3(l^-3*\).

I . Ih., p. Vi8 el suiv. ; ch. ;5, p. 44' i cli. ;(i, p. 4S4 i <-'f- -Vristolc, Du Cifl, IV, 3 el suiv.; Physique, IV, 5; iMaimonide, /eçodr ha-7'orah, ch. III, gg lo el 11.

g. Cl. Guide, III, ch. s, p. ai.

^. II. ch. 'îo. p. a3j.

i. I.e mouTcment que font les éléments pour sortir de leur lieu naturel n'est Jamais spontané : Ouiile, II, ch. ig, p. 148: III, ch. 3. p. ai.

se comparer au mouvement du ciel qui ne change que par rapport à la position (').

Les principes des êtres périssables sont au nomhre de trois : la matière, la forme et la délicienee particulière (").

La matière est réceptive et passive essentiellement, elle n'est active qu'accidentellement, tandis que la forme est active essentiellement et passive par accident. La matière première est privée de toutes les formes et les reçoit toutes successivement ('). La matière est accompagnée de pi'ivation. car autrement il ne lui surviendrait pas de forme. Lorsque la l'orme apparaît, la déficience particulière, c'cst-à-dii'c la [)rivation de la forme survenue, cesse, et il se joint à la matière une autre privation, et ainsi de suite (*). Les corps ne sont sujets à la corruption que du fait de leur matière ; en tant qu'ils sont forme, ils sont permanents. Toutes les formes spécifiques perdurent, la corruption n'atteint la forme qu'accidentellement, en tant qu'elle est jointe à la matière. 11 est de la nature de la matière d'èti-e toujours accompagnée de privation. De là vient que la matière ne cesse de passer d'une forme à une autre, sans conserver jamais durablement une forme individuelle. Toute corruption ou imperfection n'a pour cause ([ue la matière. C'est à elle qu'il faut imputer la mort, la maladie, les fautes, les péchés, tandis que toutes les vertus vii^nnent de la forme ( ').

Toute chose nouvelle qui naît après n'avoir pas existé — bien que sa matière existât et que celle-ci ne fasse que dépouiller une forme pour en revêtir une autre — possède, après être née et arrivée à son état définitif, une nature autre c[ue celle (ju'clle avait au moment où elle naissait et commençait à passer de la puissance à l'acte, et dill'é-

I. Guide, I, cil. -i: p. Sjq et suiv.; cf. Aristotc, Mi-icoroiogiqucs, I-III. a. Guide, I, ch. i;, p. 69; déticiencc particulière, c'est-à-dire privation par rapport à une forme déterminée.

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