Ib.. ch. i
ment et non à tel autre. — A quoi nous répondrons : Ce raisonnement ne s'ap|)li(|ue qu'à un forps composé d'une nialii-re à l'état de [)ossil)ililé et d'une forme. Sans nul doute, si un tel corps agit par sa forme après n'avoir pas agi. il y a eu passage de la puissance à l'acte, et, par consé(|uent, il a fallu un eflicient. Mais l'immatériel n'a dans son essence aucune possibilité, il est perpétuellement en acte. On ne peut donc pas lui appliquer le raisonnement en question, et pour lui il n'est pas impossible que tantôt il agisse et tant»'»t il n'agisse pas. Pour l'être pur, ce n'est là ni un cliangement ni un passage de la puissance à l'acte. A preuve l'intellect agent qui, suivant les aristotéliciens, est pur. et qui, cependant, tantôt agit et tantôt n'agit pas, comme l'a exposé Al-Farabi (').
Peut-être d'aucuns nous reprocheront-ils un sophisme : Si. dira-l-on. l'intellect agent nécessaii-enu-nt agit à tel moment et n'agit j)as à tel autre, cela ne tient pas à la nature de son essence, mais à la disposition des nuitières. L'action de rintellcct s'exerce perpétuellcnu'ut sur ce qui est disposé, et s'il y a quel(]ue enq)ê(liement à l'action, cela est dû à la disposition de la matière, et non pas à l'intellect lui-même. — Nous ré|>li(pierons : Notre intention n'est pas de dire ])Ourquoi Dieu a agi à tel moment plutôt ([u'à tel autre, et, en citant l'exenqjje de l'inlellecl agent, nous n'avons pas voulu dire tpie l'opération de Dieu puisse, comme celle de l'intellect agent, ('■[irouver aucun empcdicment ('). Notre seul objet a ét(- de montrer que, l)ien i[ue rintellcct agent agisse à tel moment et qu'à tel autre il n'agisse i)oint, quelle (|ue S{)it la cause de cette nonactivité, on ne dit pas [lour cela de l'intellect qu'il passe de la puissaïu'c à l'acte, ni (pi il y a dans son essence une possil)ilili'\ ni ciilin (|uil a besoin <run cl'licicnl ipii le fasse passer di' la [lui-sancc à lacté. Donc Dieu a pu ni' crt'cr le