‹ La métaphysique de MaïmonideChapitre 45 sur 87 · I. !)c intetliulu <■( inlellecio, iii liiir · texte numérisé non relu

I. !)c intetliulu <■( inlellecio, iii liiir

a. Difu est toujours iiilolh'cl vu ucir. sa prrccptitm u'<'prouvc aut'uu cniiirrlicniiMil ni ilr luiiui'iui' ni iluillirurs ; (liiiilf, rh. liS. p. (ii.

monde qu'à une certaine époque, sans que pour autant on soit fondé à soutenir qu'en créant le monde il aurait passé de la [>uissance à l'acte, ce (pii supposerait un cl'licicnt antérieur à Dieu.

On conclut encore à l'éternité du monde de ce que pour Dieu il n'y a ni besoin ni obstacle qui l'engagent à modilier son vouloir, ([ue, partant, il n'y a pas de raison pour qu'il agisse aujourd'hui plutôt qu'hier. — Nous répondrons : Lorsqu'une action n'a absolument pas d'autre but que d'obéir au vouloir même de la volonté, cette volonté n'a pas besoin de sollii-itation extérieure. Et, dans ce cas, il n'est ])as nécessaire non plus tjue celui qui a la volonté, tout en n'é[>r()uvaiit an<iin empêchement, agisse toujours. Car il n'a pas île liut extérieur qui le fasse agir, de manière qu'il soit forcé d'agir dès l'instant qu'il n'y aurait pas d'enti'ave, puisque l'action, dans l'espèce, obéit à la seule volonté.

Mais, objectera-t-on, n'y a-t-il pas changement en cela même que tantôt on veut et tantôt on ne veut point ? — Non pas. car il entre dans la déliiiition de la volonté de vouloir et de ne pas vouloir. Dans un être matéi-iel, la volonté, étant déterminée par un fait extérieur, il y a changement; mais la volonté de l'être ])ui', qui n'est aucunement déterminée par autre chose, n'est point sujette au changement, et s'il veut maintenant ceci et que demain il veuille cela, il n'y a pas là changcuient dans son essence pas plus qu'il n'est sollicité ])ar quelque cause externe.

Le troisième ai-gument qu'on allègue en faveur de l'éternité du monde se formule ainsi : Tout ce que la sagesse divine décide doit apparaître immédiatement; or la sagesse de Dieu étant éternelle comme son essence, ce qui en résulte est également éternel. — De même que nous ignorons pourquoi sa sagesse a exigé que les sphères fussent au nombre de neuf, par exemple, de même nous ignorons pourquoi sa sagesse a fait que l'univers existât après n'avoir pas existé. Nous ignorons totalement la loi de cette sagesse.

Xous avons donc montré, conclut I\raïnioniJe, que notre hvpothôse est ailniissihle.qu'à tout le moins elle n'est pas impossible. A présent, il s'aofit d'étahlii- ([ue notre opinion est ]iréiéi'aljleau ]iiiint de vue s[)éi iiiatil'ct (jue l'auli-e opinion conduit à îles conséquences absui-des (').

Suivant Maïmonide, les choses sont par suite d'un dessein, et non par nécessité. L'univers prouve- un Crc'atcur agissant avec intention. Non pas cju'il l'aille ci'oire avec les Motécallîm (juc Dieu détermine à chaque instant chaque phénomène, sans être enchaîné par une loi quelconque ('). La détermination (') doit se fonder sur la nature de l'être.

Nous posei'ons d'abord à .\ristotc la ([uestion suivante : Les choses subluiiaires ayant une seule et mém(; matière, commune à toutes, d'où vient donc la diversité des espèces et la diversité des individus ".' — 11 nous répondra que la tliversité des objets s'explique par la diversité des mélanges.

Nous adresserons à Aristote cette autre question : S'il est vi-ai ([ue le mélange des éh'ments est la cause qui <lispose les matières à recevoir les formes diverses, qu'est-ce donc alors qui a disposé cett(! matière première de l'a(;on qu'une partie revùt la forme de feu, une autre la forme de terre, etc. ? Puisque tout a une matière conmiune, qu'estce donc qui a rendu la matière de la terre plus propre à la foi'me de terre, la matière de feu plus pi'opi-e à la forme de feu '.' — .Vristole répondra : (k'ia s'expliipie par la différence des régions (pi'occupent les éléments ('). Ce sont ces régions cpii ont <blerniiné dans la matière uiii(pie îles

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