I. Elle fut traduite en arabe au ix< siècle
Préparation à la Métaphysique
Préparation à la Métaphysique
Le Guide a pour principal but d"expliquer ce qu'il est possible d'expliquer dans le Maacéh bercschith et le Maacéh mercabah (').
Le Maacéh beréscliith est la p/nsiqiii' ('liokmath liatéba), le Maacéh mei-cabahost la iiu'lti/ihj-nit/iir ('hokuiaih ha- éloiioulh). La prciiiiére s'occupe des origines du monde et des êtres; la seconde, de l'existence et de la nature de Dieu, des rapports enti-e Dieu et le monde, des anges, de l'ànie, de rinimorlalité ('), de la prophétie et de la connaissance de Dieu ('). « Ne désirerais-tu pas connaitre les cieux et savoir quel est leur nondire, quelle en est la (igure et ce qu'ils reuforment '? Ce ([ue sont les anges? Comment le monde a été créé et quelle en est la
I. II, cil. a, p. .5o; II, cli. 3<i. p. 33;: III, Uh^ervalioii pri'liininaire (p. 3). I.c Maacéh bertiiehith, c question de la création », ainsi nommé d'après le mot • hereschilh » par lequel eonimeni'e la Genèse ; le MttttCih mercabah, « question du char céle.ste ». ainsi appelé d'après le premier chapitre d'Ezéchiel (cf. lizvch , X; Isaie, VI ; /.acharie, 1-IV ; Ilabamc, III). Ce» deux termes techniques sont empruntés nu Talmud, voir 'IJaghif^ah, i3a. et sniv. Dans I Chr., x.\vni, 18, les cliérubins sont mis en rapport avec la mercabah ; le Siracide. xi.ix, 8, parle éitnlement du char d'Kzéchlel. Voir encore Maîmonide, Comiiirnlairc sur la .Ui.vc/inn/i, traité 'Ilughigah, eh. II. S 1 ; Misihm'h Torah. liv. I. T' traité, ch. i à \ : diiiili'. I. eh. -o, p. îîi.
a. (Jomnifnl. sur la Migchna, I. r. ; cf. Guide, I, eh. V,, \>. vj-
î. Guide, II, ch. a, p. .Vi; cf. I, ch. .VJ, p. 21;.
fin? Qu'est-ce que lame et comment est-elle arrivée dans le corps ? Est-elle séparable du corps, et, si oui, comment l'est-elle, par quel moyen et à quelle fin (')'? » Il s'agit de savoir « ce qu'il faut penser des attributs, comment on doit les écarter de Dieu, quel est le sens des attributs qui lui sont appliques, ce qu'on doit penser de la création, de la providence, ce qu'il faut entendre par la volonté, la perception et la science de Dieu, comment on doit concevoir la prophétie (') ».
Ces questions forment « les secrets de la Torah », les « mystères » dont parlent les écrits prophétiques et talmudiques ('). Ces secrets et ces mystères qui constituent la métapliysique, on ne doit les aborder qu'avec d'infinies précautions. Il faut de pi'ofondes connaissances et de longs exercices préparatoires, sans quoi on risque de tomber dans l'irréligion (*).
« Je ne puis comparer cela, dit Ma'imonide, qu'à quel- (pi'un qui ferait manger à un jeune nourrisson du pain de froment et de la viande, et boire du vin ; il le tuerait indubitablement, non point parce que ce sont là des aliments mauvais et contraires à la nature de l'homme, mais parce que le nourrisson est trop faible pour les digérer d'une manière profitable. » De même, si l'on a présenté les vérités métaphysiques sous une forme obscure et énigmatique, et si les savants ont employé toutes sortes d'artifices pour les enseigner de manière à ne pas se prononcer clairement, ce n'est pas qu'intrinsèquement elles soient mauvaises ou qu'elles sapent les fondements de la religion, mais c'est parce que les intelligences novices
1. !• Comment, c'est-à-dire lame de chaq\ie homme cxistct-cUe individuellement, ou bien toutes les âmes ne l'ormentclles qu'une seule substance? 2° par quel moyen l'âme arrive-t-elle à l'immortalité ? 3" « quelle fin aboutit la survivance'? est-ce à l'union avec l'intellect agent, avec Uieu'? Voir Guide, I, ch. 34, p. lao et note.