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ment bien proportionnée, tant pour la pureté de la matière et la coniplexion propre à chacune de ses parties, que pour la (luantité et la position. » Kt il faut plus particulièrement être doué quant à la faculté imas;inativc.
L'imagination joue un rôle émincnt ilans la prophétie ('). Cette faculté conserve le souvenir des impressions sensibles, elle les combine et les reproduit. Son activité la [ihis haute et la plus noble ne s'exerce que lorsque les sens i-eposent. C'est alors que lui arrive l'inspiration, inspiration (|ui est la cause des sons^es vrais aussi bien que de la pro[)hétie. Entre les songes vrais et la prophétie, en effet, il n'y a qu'une différence de degré, et non de nature ('). L'opéi'ation de l'imagination pendant le sommeil est la même que dans l'état île prophétie, sauf que dans le sonuneil elle est incomplète et n'est pas arrivée à son terme. Le mot l'ision (niarèh) est déi-ivé de l'o//' (raah), car l'iniagination a un [louvuir d'hallucinalion cpii lui fait voir, connue s'il existait réellement, un objet d<int elle est elle-même créatrice.
Du l'ait que l'imagination est une faculté sensible, elle est soumise aux lois qui régissent cette sorte de faculté. C'est (lire (ju'elle est sujette à s'aU'aiblir et à se corrompre. De là vient ([ue les [)ro[)hètes, qii;iiid ils sont en proie à une émotion, à une passion, à un scntinu-nt violenl ou durable, cessent de pro[)liétiser ('). Certains, ipii pi-ophétisèrent pendant un certain temps, perdirent le don de pro[)lM'-lisei- à la suite de (piehfue accident. Au temps de la captivité la prii[ih(''lie disparut, car désormais une [iro-
1 (Siiiitf, 11, cil. 'it't, p. asa et siiiv.
a « Le .soii|;c- rst tiii soixaiilii-iiu' do la pi-ophi-tie ■, Taliiiiul Bfraliotli, 5;\ « Le sonf^o es! le fniil uburtil' de la propliélie », llfréx.hilh raliba, sect. i; et seet. 44 tVest In, okserve .Maiiiiriiiide. une eonipaniisnii remarquable: le fruit iiborlifesl idenliriuemriil le fruit lui im'iiic. avc-e n'tle dilTéreiiee <|u'il est tombe avant sa parfaite maturité
J. Cf. " La [iriiphelie n'arrive ni pendant la Insti'sse, ni peiulant rabattement •. 'l'alniud .Si/inW«i(/i. •Ji.' : .r .Maimonide, l/iiit Chtipil n-s, cU. J.
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l'onde tristesse ne cessa de poser sur l'imagination, ce qui la rendit inapte à recevoir l'inllux de rinlellect agent.
Aux facultés rationnelle et iniaginativc dont on vient de parler doivent s'ajouter deux autres facultés : une faculté d'initiative audacieuse et une faculté de divination. Il faut le courage qui jette en avant, fait braver les puissants et aflronter les dillicultés ; et, d'autre part, il faut une puissance d'analyse et de synthèse foudroyantes telles que l'esprit en un instant enihrasso toutes les données et en tire immédiatement les conclusions (').
Donc certaines conditions physiques, intellectuelles et moi-ales sont nécessaires à la prophétie. Ces conditions sont-elles sullisantes '?
On peut distinguer ti'ois opinions sui' la prophétie : I" L'opinion vulgaire, suivant huiuelle n'importe qui peut être propiicle, dès l'instant (jue Dieu la niarcpié au Cronl; aucune ])réparation n'est nécessaire, le dernier des ignorants peut recevoir le don. ti" L'opinion péripatéticienne, d'api'ès laquelle la pi-ophétie n'est que le développement naturel d'une faculté que toute l'espèce humaine possède en puissance. L'ignorant ne saurait arriver à la prophétie, cai" celle-ci est ra])oulissenienl du suprême effort intellectuel et moral. 3" L'opinion juive qui est celle de Ma'imonidc. Cette oj)inion est la même cjue la précédente, avec celle dill'érence ([u'elle admet ([u'un homme propre à la prophétie et y préparé peut [)Ourtant ne pas être prophète de par un ceto divin.
Au sentiment de Ma'imonide, il faut d'abord une longue, préparation morale et s[)éculative. Dieu n'accorde pas le don de prophétie au premier venu — « pas plus qu'il ne serait possible qu'il rendit prophète un âne ou une grenouille ». Dieu ne communique la connaissance suprême qu'à un homme de haute intelligence, de grand savoir et d'irréprochable moralité. En second lieu, il ne faut pas qu'il y ait empêchement de la part de Dieu. En d'autres