I. Gllith'. Il, cil. -iS
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termes, si les qualités intellectuelles et morales sont la condition nécessaire de la prophétie, elles n"en sont pas pourtant la condition sullisante : celle-ci réside dans la volonté divine (').
La nature de Tépanchenient divin est telle que celui qui l'a reçu en abondance prêche nécessairement les foules, qu'il soit écouté ou non, au péril nicnic de sa vie. Le prophète se sent poussé par une aifitalion intérieure qui ne lui laisse aucun repos, il a, selon l'expression de Jérémie (XX. 8), comme un (eu ardent qui circule dans ses os C).
L'inspiration dont jouit le [irophélc fait sentir son action sur les deux puissances iniai^inalive et spéculative de son esprit ( 'J.
Sous rcH'cl de l'intellect ai;ent. l'imagination se perfectionne à ce point (pie le prophète voit l'avenir comme s'il s'agissait d'objets [lercus par les sens et doni' peut le prédire ; et la faculté rationnelle se développe à un tel degré qu'il a l'intuition de la réalité intime des choses comme s'il l'aNait dbteiiue par des propositions spéculatives.
Ce n'est donc pas seulement [i<iiir l'imagination, mais aussi pour la faculté l'atioiuielle ipie le [irophcle est mieux doué (pic le reste des hommes. 11 faudrait même dii'c : surtout pour la faculté rationnelle. Car. en délinitive. l'intellect agent n'agit pas directement sui- l'imagination, l'inlliix n'arrive à celle-ci (pie par la faiiilt(' rationnelle. C'est gfàce à rexcellence de ses puissances iiilellectuellcs (|ue le proph(''te saisit lf>s i-éalilés intiiili\ cment.
Il ne faut, p.ii- (•(insé(pienl. accorder aiiciiiie attenlidii à ceux dont la facultt' ralionnelle n'est point parfaite et (pii ne sont pas arrivés au plus haut terme de la spéculation. Celui-lii seul, en elfet.cpu s'est élevé à celle perfection spé-
I. Oaiilf. II. fil. Vi: l'f. Jliitl Cluipilrm, cil. ; ; Commentaire sur In ^fischna liiilroiliirlioii au .Srdcr /i-raiiii): leçodè ha-Torah, cli ;.
2 Ouille, II. di. 'J-.
3 Guide, II, cli. 3», p. 3i»H.
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culative peut ensuite acquérir des connaissances supérieures sous l'effet de linllux divin. C'est celui-là qui véritablement est prophète (').
La vision prophétique, maréh ou nia'hazch (*), plonge dans un état d'agitation et de terreur. La vie des sens est suspendue. L'épanchement divin se répand sur la faculté rationnelle et de là sur la l'acuité iniaginalive. de sorte (|ue celle-ci s'exalte, se perfectionne et opère. A mesure ([ue sous l'action de l'intellect agent l'imagination s'échaull'e (hnantage, à mesure la l'évélation devient plus haute (';.
Aucune prophétie ne se coiunuuiique autrement que dans un songe, ou dans une vision, et par l'intermédiaire d'un ange (') c'est-à-dire d'une intelligence pure. Il n'y a eu d'exception que pour Mo'ise (').
Tout ce ipii se passe dans une vision, les circonstances qu'on rapporte, les actions que le prophète est censé avoir accomplies, tout cela n'a qu'une existence subjective, c'est-à-dire ne doit pas être considéré comme ayant réellement eu lieu (').
I^es prophètes, sous l'enqjire de l'exaltation Imaginative, usent nalurelkMuent du langage niétajdiorique et a!lt'g()ri([ue ('). F'rendre au pied de la lettre leurs discours, c'est s'exposer à commettre les plus grossiers contresens. Ce qui ne signifie point cjuc les prophètes ne doivent pas prendre ijour réel ce qui leur arrive par voie de révélation. Il ne faut pas croire, en effet, que du fait que la révélation a lieu dans un sf)nge ou dans une vision et au moyen de l'inuigination, il puisse y avoir le moindre