De la cause proprement dite
Or, lorsqu'une raison d'analogie fait que l'on donne un même nom à divers sujets, il en est un à (:[m principalement appartient cette dénomination. C'est pour lui que primitivement le nom a été choisi; c'est lui qu'il désigne directement; et si l'on détourne ce mot de sa première signification pour l'appliquer à d'autres sujets, c'est qu'on retrouve en eux quelque relation de similitude, d'analogie, de dépendance avec le sujet qui fixe le sens propre du mot par droit de priorité. Ainsi, pour employer l'exemple consacré dans l'École, le mot « sain », corrélatif de t( santé », convient proprement et primitivement au corps vivant qui possède la santé ; et c'est par analogie que l'on dit : Tel fruit est « sain » parce qu'il entretient la santé; le pouls est « sain » lorsqu'il dénote la santé.
Parmi les principes qui influent sur l'être d'une statue, il doit donc en exister un, auquel convienne proprement le nom de cause, et d'où dérive la même dénomination aux causes d'un autre ordre.
Or il n'y a pas à chercher longtemps; l'usage universel, toujours interprète du bon sens, nous apprend que la cause proprement dite d'une statue est le statuaire, c'està-dire, la cause efficiente.