Analogie des causes
La statue a cinq causes, c'est-à-dire qu'elle dépend de cinq principes différents (jui influent sur son existence et ses propriétés. Mais remarquons-le bien, le nom commun de cause ne leur vient pas de quelque propriété générique commune qui se distribue en cinq espèces.
En effet, nous venons de voir que chacune porte le nom de cause, parce qu'elle est le principe « total » d'une relation dont la statue est le terme; mais ces diverses relations sont d'ordres différents. Les cinq causes ne se partagent donc pas les opérations d'où l'eflet doit sortir. Chacune « cause » l'effet tout entier, mais à sa manière ; par suite, chaque causalité est essentiellement irréductible.
.Tamais une cause ne pourra en suppléer une autre, car son influence reste dans un ordre déterminé et ne peut pénétrer dans un autre. Donc enfin, le mot « cause » n'est pas un terme univoque, comme dit l'École ; c'est un terme analogue, expression signifiant que l'analogie seule permet d'exprimer par un même mot des influences si diverses. C'est ainsi que le dessin, la couleur, le parfum, s'unissent pour produire la gloire d'une fleur, sans qu'on puisse jamais les confondre ensemble.