De l'expression » accident
A l'expression -/.aO' aÛTs, Aristote oppose le mot j-jf^-Ssêv;-/.:;, que les Latins ont traduit par le mot accidens. De fait, l'étymolog'ie est à peu près la môme, — (7j;j.63cîv(i), marcher avec, — «ccîWere, tomber sur. C'est la même idée de juxtaposition, de conjonction, de contact entre deux choses étrangères l'une à l'autre. Les mots français qui rendraient le mieux l'expression grecque seraient contingent, coïncidant; mais je conserve le terme consacré par la Scolastique.
Qu'est-ce donc, dans la langue péripatéticienne, qu'une chose accidentelle? c'est tout ce qui n'est pas essentiel, tout ce qui ne va pas de soi.
Reprenons les exemples d'Aristote.
Par cela qu'un être est vivant, il ne s'ensuit pas qu'il soit blanc ou musicien. Être blanc et être musicien, sont des déterminations accidentelles à la propriété d'être vivant. Blanc, chaud, ne se disent pas de soi, mais d'un sujet qni est blanc ou chaud et peut-être encore autre chose. Ce sont donc là des déterminations qui s'ajoutent à la substance ; ce sont des accidents. Enfin un homme, pendant qu'il se promène, est frappé de la foudre. C'est là un fait accidentel ; car il n'y a aucune relation entre se promener et être foudroyé.
Tel est, par opposition à l'être de soi, y.aO' ^jt;. cet être
(1) M. Hailhélemy Saint-liilaire, dans sa traduction d'Aristote, a rendu l'expression xaf)' aO-ô par le mot essentiel. Celte traduction répond assez bien aux deux prpinit'res si};ni(ications, mais elle laisse à désirer pour les deux autres. Voilà pounjuoi j'ai préféré l'expression de soi, quelque bizarre qu'on puisse la trouver. Car, outre qu'elle se rapproche plus du mol à mot. elle s'appli((ue f/r 501 aux (pialre sisnilications du mol grec. Le trian;;le contient de soi la droite; droit ou courbe se rapporte de soi à la ligne; la substance se dit de soi; la strangulation entraine de soi la mort.
accidentel, c'jixcsorj/.o;, être diminué, ens diminutum, l^ien nommé accident^ parce qu'il est comme une chute de l'être (1).