‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 107 sur 581 · L'être par accident n'est pas l'objet de la Gcience · texte numérisé non relu

L'être par accident n'est pas l'objet de la Gcience

On doit commencer à comprendre l'importance de cette analyse. La science démonstrative n'a pour objet que ce qui est nécessaire ; elle ne s'occupe donc que des choses qui sont de soi, suivant cette conclusion par laquelle Aristote termine le passage que nous venons d'expliquer : « Donc partout où nous savons que certaines choses sont de soi, ou comme contenant ou comme contenues, ces choses sont par elles-mêmes et de toute nécessité ».

Quant à l'être accidentel, Aristote enseigne qu'il faut le bannir de la science (2).

« C'est un être dont on ne peut pas faire la théorie. Le signe en est qu'aucune science ne s'occupe de lui ; il ne ressort ni de la pratique, ni de l'art, ni de la spéculation. En effet, celui qui bâtit une maison ne fait pas tout ce qui peut advenir accidentellement, oaa aurxêaîvet. à la maison une fois construite ; car ces accidents sont indéfinis. Rien n'empêche qu'une fois construite, elle ne soit à ceux-ci agréable, à ceux-là nuisible, à d'autres utile, et ainsi du reste; mais l'art de bâtir n'est cause de rien de tout cela. De même le géomètre ne s'occupe pas de tout ce qui advient aux figures (3). »

On voit par là, encore mieux, ce qu'il faut entendre par accident proprement dit. C'est une particularité qui advient à l'être, mais qui n'en provient pas, qu'on ne peut prévoir, qu'on ne peut conclure, qui ne dérive pas de la nature de l'être.

(1) Ens secundum accidens quidem diciliir ens diminutum. Ens cnim diminutum dicitur dupliciter : quoniam id quod casus est entis, eo quod cadit a piincipiis enlitatis, dicitur per accidens esse secundum suum nomen. Dicitur eliani... (Ail). Ma^-., Mélap/i., IIIj. VII, tr. Il, cap. i.

(2) Arist., Métaplnjs., liv. VI, chap. ii.

(3) Comme couleur ou matière.

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