Résumé de ce chapitre
On doit d'abord distinguer deux sortes d'êtres : l'être « de soi » et l'être « accidentel ». Le premier, par cela même quil répond à une notion plus simple, est plus difficile à définir et ne s'explique bien cjue par des exemples. L'accident est l'être qui se dit d'un sujet autre que soi, ou qui exige naturellement un sujet autre que soi.
Il y a deux sortes d'êtres accidentels. L'être purement accidentel, accidens per accidens, résulte d'une simple juxtaposition dans un même sujet de réalités complètement étrangères l'une à l'autre. D'autres accidents sont appelés accidentia per se, parce qu'ils participent à la fois à la propriété de l'être « de soi » et à celle de l'accident. Ils sont (c de soi », parce qu'ils ont une essence propre, et qu'ils peuvent par eux-mêmes être les termes d'un concept défini. Mais ils sont « accidents », parce qu'ils existent dans un sujet autre que soi, c'est-à-dire, dans une substance, et que, même dans leur définition, il faut avoir égard à une chose autre, c'est-à-dire à la substance.
Quant à l'être, purement « de soi », principalement « de soi », c'est la substance. Sa définition est entourée d'écueils, parce qu'il y a danger d'en dire trop ou trop j)eu; aussi, le mieux est-il de la définir avec saint Thomas, par opposition à l'accident. « Si la substance peut se définir malgré le rang suprême qu'elle occupe dans Téchelle des genres, sa définition sera la suivante : C'est la chose dont l'essence doit exister non dans nn autre (2).
(1) s. Thom., I, q. 3, art. 6.
(2) Si substantia pos.sit habere difliaitioneni, non obstante quod est genus