De la philosophie scolastique
Pour connaître le programme à remplir, il suffit de jeter les yeux sur la liste des ouvrages de saint Thomas ou
(1) Quia catholicae vcritatis doclor, non soluni provectos débet instniere, sed ad eum elinin pertinet incipientes erudire, secunduin illud Apostoli I ad Cor. 3 : « Tanquain parvulis in Christo, lac vobis potum dedi non escam », proposilum nostrœ intentionis in hoc open» est, ea qua; ad clirislianam leligioncm pertinent, eomodo tradere, secundum quod conrjndt ad entdidonein incipientiuin.
de son maître Albert le Grand, la route qu'à leur époque parcourait l'étudiant étant toujours la même.
Or une simple inspection des titres nous montre que le cours de philosophie consistait dans l'explication d'Aristote.
Je n'ai point ici à rechercher d'où vient cette grande fortune d'Aristote au moyen âge. Le Stagirite dut-il alors sa prépondérance à son propre mérite, ou à l'influence des Arabes dans l'enseignement scientifique? L'Église at-elle patronné Aristote pour la valeur de ses doctrines et favorisé le mouvement péripatéticien comme le meilleur possible ; ou bien a-t-elle simplement suivi ses enfants dans ce courant, afin de les guider entre les écueils? Je n'ai pas à traiter ces intéressantes questions. La seule chose que je constate, c'est que les étudiants auxquels s'adressait saint Thomas étaient déjà formés par une étude longue et approfondie du Stagirite: et j'en conclus que, pour être à même de comprendre la Somme de saint Thomas, il faut connaître les doctrines d'Aristote et en particulier sa Métaphysique.
En un mot, l'étude de la théologie scolastique suppose la connaissance de la philosophie scolastique, et la philosophie scolastique groupe ses doctrines autour du texte d'Aristote.