Seconde définition de l'effet
Or nous atteignons directement l'existence des choses et, par suite, le passage de la non-existence à l'existence; nous connaissons sans intermédiaire qu'une chose, qui n'existait pas d'abord, existe actuellement, et pour exprimer ce changement d'état, nous disons que cette chose est devenue. J'appelle donc effet ce gui devient.
Effectus est id quod fit.
Je sais bien que le sceptique va se récrier : « Votre définition est une pétition de principe; elle suppose résolu le problème de la causalité. Dire que tout ce qui devient est un effet, c'est dire que tout ce qui devient a une cause et c'est précisément la question qui est en débat. »
Je le sais, et je passe outre. Car je ne veux pas m'arrèter à des disputes stériles contre un scepticisme qui nie la rectitude de notre raison. Je poursuis mon but, qui est de mettre en ordre les notions premières, trésor, aliment et honneur de rinfclligencc humaine. Or un de ces premiers principes est celui-ci : Nil fit sine causa, — Rien ne devient sans cause, — Tout ce qui devient est un effet.
Que s'il faut cependant démontrer cet axiome, je n'en fournirai actuellement qu'une preuve tirée du langage