‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 122 sur 581 · CHAPITRE I. GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. GÉNÉRALITÉS

le plus vulgaire. Remarquez comment en latin le mot fieri répond à deux concepts formellement distincts : tantôt il signifie devenir, c'est-à-dire, passer du non-être à Têtre; tantôt il signifie être fait, — non pas « avoir été fait », factum esse, — mais « être fait actuellement », comme amari signifie « être actuellement aimé » (1).

En français nous retrouvons la même philosophie. Un fait signifie quelque chose qui, à un instant de la durée, est parvenu à Texistence. Tout ce qui est « devenu existant » est un fait (2).

Et d'où vient cette double acception? Est-ce confusion? — N'appelons pas confusion ce qui a sa source dans le bon sens vulgaire ; car lorsqu'il s'agit des notions premières et générales, dons qui appartiennent à toute l'humanité et à chaque homme en particulier, le bon sens a toujours raison.

Devenir implique donc être fait. Tout ce qui devient porte avec soi le sceau de la causalité. Tout passage du devenir à l'existence nous révèle l'existence d'une cause.

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