CHAPITRE II. PRINCIPE d'oPPOSITIOX
au moins que la cause purement cause ne change pas en agissant et que par conséquent le changement dans la cause n'est pas essentiel à l'action ; d'où l'on doit conclure, comme nous l'avons fait tout à l'heure, que si une cause change en agissant, ce n'est pas précisément parce qu'elle est cause, mais parce qu'elle n'est pas uniquement cause.
Mais que l'on regarde de plus près le texte de saint Irénée, et l'on y verra l'affirmation explicite qu'aucune cause ne change par le fait même qu'elle agit. En efiet, ce texte est un argument syllogistique dont le but est de prouver que Dieu, en restant toujours identique à soimême, fait progresser l'homme vers la perfection. i< Dieu fait, l'homme est fait », voici la proposition particulière. — « Celui qui fait reste le même : ce qui est fait commence et progresse », voici la proposition générale, et cette proposition générale est exprimée en termes absolus, et expliquée par voie d'opposition. — D'une part, être fait, c'est devenir; devenir, c'est partir d'un commencement et s'avancer vers sa perfection. — D autre part, la cause ne devient pas, ne change pas, n'éprouve pas d'altération, reste identiquement dans le môme état : Qui facit, semper idem est.
Ainsi, le Soleil n'éprouve aucun changement, lorsqu'il commence d'éclairer l'objet que l'on place dans les rayons. Une action nouvelle a lieu, un effet devient, an être subit une altération. Mais ce changement a lieu dans le sujet passif. Quant à la cause, elle reste la même, elle reste dans le même état : Qui facit, sempei' idem est.