‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 143 sur 581 · Deuxième objection : phénomènes vitaux · texte numérisé non relu

Deuxième objection : phénomènes vitaux

Sensation, pensée, volition, autant d'opérations qui procèdent de la vie, et qui affectent l'être vivant. N'avonsnous pas là des causes qui changent par cela même qu'elles agissent?

Avant de répondre, je répète ce que j'ai déjà dit, lorsqu'on m'a opposé pour la première fois les phénomènes vitaux, La vie contient des mystères cpie je ne me charge pas d'expliquer ici. Ma seule obligation est de montrer que ce qui est connu clairement au sujet des opérations vitales n'infirme pas notre thèse.

Or, deux choses sont connues. La première est que les opérations vitales procèdent d'un principe intérieur d'activité ; la seconde, que la faculté, pour produire son acte, a besoin d'une coopération étrangère.

Commençons par cette seconde donnée de la conscience.

Pour que la vision se produise, il faut, dans l'état normal des choses, une action extérieure. Mais, avouez-le, l'objet ne change point par cela seul qu'il agit sur mon œil. De même, ma sensation ne change pas, parce qu'elle contribue, plus ou moins directement, à la production d'une pensée. De même encore, ma pensée ne change pas, parce qu'elle agit sur ma volonté. Qu'un autre explique, s'il le peut, ces influences mutuelles des facultés, et précise en quoi consistent ces causalités. Pour moi, je me contente de faire remarquer que nous n'avons pas encore trouvé dans tout ceci une seule cause qui changeât par le fait même et par le fait seul de son ciction.

Il est vrai, la difficulté vient surtout de ce que les phénomènes vitaux procèdent d'un principe intérieur. Ce prin-

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