‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 162 sur 581 · CHAPITRE III. PRINCIPE D UNION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. PRINCIPE D UNION

aux lois de la pesanteur; do même, le mouvement de la balle qui sort d'un fusil résulte de la nature de la poudre. Mais l'efTet ne dépend qu'accidentellement de la cause déterminante.

Remplacez les ciseaux par un tison qui brûle le fil, par une dent qui le ronge, par un acide qui le détruise, pourvu que le lien se rompe, la pierre tombera et tombera de la même manière. Remplacez la gâchette et son mécanisme par un marteau, ou par une étincelle enflaminant la poudre, le mouvement de la balle sera identiquement le même.

Donc, si l'eflet peut nous instruire sur la nature de sa cause effective, il ne peut en aucune façon nous faire connaître sa cause déterminante, puisqu'il n'a avec elle qu'une liaison accidentelle.

Nous pouvons présenter cette même considération sous une forme plus métaphysique, en rappelant un raisonnement déjà employé pour distinguer les causes des conditions sine qua non.

L'essence et l'existence ne sont pas deux réalités différentes et séparables, qui s'ajoutent et se composent pour former l'être existant. Chaque être existe tel qu'il est, el n'existe que tel qu'il est. Il en résulte que l'on ne peut pas séparer les causes de l'existence et les causes de l'existence telle qu'elle est. Donc, une cause n'est cause d'une existence, qu'en tant qu'elle est cause de l'existence telle qu'elle est.

Cette réflexion nous fait clairement comprendre la différence entre les causes effectives et les causes déterminantes. Les premières, seules, sont véritablement causes de l'efl'et produit; ce sont les vraies causes efficientes, et c'est d'elles que nous aurons uniquement à nous occuper dans cet article; car l'effet n'a de relation essentielle et métaphysique qu'avec sa cause effective.'

Quant aux causes déterminantes, nous aurons plus tard à dire pourquoi elles méritent le nom do causes.

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