‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 189 sur 581 · CHAPITRE JV. UK LACTE ET DE LA PUISSANCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE JV. UK LACTE ET DE LA PUISSANCE

D'après cela, il est facile de définir la puissance active. C'est le pouvoir actif de produire un elfet. C'est donc l'acte même de l'effet contenu éminemment dans l'actualité de la cause, suivant l'adage ; Causatum est in causa per modiim causse. Dans une cause purement cause, la puissance active est un acte, pur de toute puissance passive, pur de toute indétermination, et par là même restant identique à soi-même, qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas d'action extérieure. Movens movendo non movetur.

Pour définir la puissance passive, il faut plus d'attention; car on doit se rappeler « qu'un être pâtit eu tant qu'il est en puissance » ; et, par conséquent, il faut éviter d'introduire dans la notion de passivité le moindre élément d'activité.

On dit : La puissance passive est dans le sujet le pouvoir de subir une action. Mais, il faut bien le comprendre, ce « pouvoir « ne concourt pas activement à l'action, et le mot « subir », malgré sa forme active, ne doit être pris que dans un sens passif.

On dit encore : La puissance passive est l'aptitude du sujet à recevoir l'action. Je le veux bien ; mais ici encore cette aptitude et cette réception sont toutes passives.

Que reste-t-il donc? 11 reste que, sous l'influence de l'agent, le patient devient ce qu'il n'était pas, et qu'avant l'action il ne possède que la possibilité de devenir par cette action ce qu'il n'est pas encore.

Cependant il ne faudrait pas confondre la puissance passive avec ce qu'on appelle quelquefois la puissance objective, ou mieux la possibilité intrinsèque . Cette dernière se définit : « la non-répugnance à l'existence ». Elle n'est qu'une puissance logique, aussi peu réelle que le possible lui-même dans l'état de possibilité. Quant à la puissance passive, elle suppose un sujet déjà réel, et elle doit sa réalité à la réalité de son sujet.

En résumé, on peut détiiiir la ])uissaiice passive : « la possibilité dans un sujet de devenir ce qu'il n'est pas,

208 LivRi: m. — causk efficikme.

sous rinfluence dune action étrangère » ; et c'est la traduction dans lin langage moins scolastique de la formule péripatéticienne : Potentia passica est principium quod al'iquïd moveatiir ah alio.

Les considérations qui vont suivre ont pour but d'éclaircir toute cette doctrine.

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