‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 190 sur 581 · La puissance et l'acte sont séparables · texte numérisé non relu

La puissance et l'acte sont séparables

\° Puissances actives. Empruntons à Arislote ses exemples (1). Avant qu'un architecte bâtisse un édifice, il petit le construire. Avant qu'une plante produise l'amertume sur la langue, elle est amère, c'est-à-dire, elle peut produire l'amertume.

Rappelons-nous, en effet, que la puissance active n'est rien autre que la cause en tant que cause, et que l'acte correspondant à cette puissance est l'eflet; or la cause ne change pas par son action ; donc cette action et l'acte qui en est le terme sont sans influence sur l'état de la cause. L'effet, c'est-à-dire l'acte produit, ne détermine pas la puissance qui l'a produit, mais cette puissance est déterminée par elle-même, soit que l'efiét existe, soit qu'il n'existe pas. Donc on doit concevoir la puissance active comme existant actuellement, comme complète actuellement, sans l'acte qui caractérise son effet.

C'est ce qu'enseigne Albert le Grand :

Potentia activa qucp est sine rationc 'puissance non intelligente) non agit nisi quando approphiqiiat passivo in quod agit; et quando illi non appropinquat, est in habitu, et sic est ante actum; et cum ex tali potentia fit actu agens, non movetur de forma ad formam, sed in eadem forma in qua est agit, et non est mutatio in ea, sed in patiente quod appropinquat ei, cum non fiierit ante propinquum et tangens (2).

(1) Aristole, Métaphys., liv. IX, chap. m.

[2) Alb. Magn., Méiapliys., lib. IX, tract. II, cap. i.

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