‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 198 sur 581 · CHAPETRE IV. — DE L ACTE ET DE LA PUISSANCE · texte numérisé non relu

CHAPETRE IV. — DE L ACTE ET DE LA PUISSANCE

agent et patient, movens motum. L'œil vivant a la puissance de voir, et, certes, c'e.st une puissance active. Mais, par lui-môme et par lui seul, il ne peut produire l'acte de vision; il faut qu'il y soit déterminé par l'influence extérieure de la lumière. Il doit donc subir une passion pour compléter sa puissance active, et la rendre capable de poser son acte; alors cette puissance, devenue parfaite, peut entrer en acte, tandis qu'auparavant elle n'était encore qu'une puissance indigente. Il résulte de là qu'une telle puissance est perfectionnée dans l'acte auquel elle est ordonnée. Et voilà pourquoi la répétition de cet acte donne à la puissance une force et une facilité qu'on appelle l'habitude. C'est la doctrine de saint Thomas :

Invenitur aliquod agens in quo est principium activum et passivum sui actus... Undc possuni in agentibus aliqui habilus causari; non quidem quantum ad primum activum principium, sed quantum ad principium actus quod movet motum. Nam omne quod patitur et movetur ab alio disponitur per actum ugentis. Unde ex aiultiplicalis actibus generatur quwdam qualitas in polentia passiva et mota, quœ nominatur habitus 1).

Donc pour ces puissances à la fois actives et passives, il est encore vrai de dire que l'acte prime la puissance; car la puissance est ordonnée pour l'acte, elle est en vue de l'acte, elle est perfectionnée par l'acte.

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